De l'enseignement des langues anciennes^ p
vcincnt d'idées qui remonte par ses origines au delà du xvin'' siècle et de la Hévolution. En fait, il est sorti d'une transformation de renseignement spécial que V. Duruy avait institué en 1865. Rien n'est plus curieux que le mouvement tournant par lequel renseignement spécial s'est rapproché de l'enseigne ment classique, au point de le menacer aujourd'hui dans ses positions. Dès 1882, les programmes tracés en 1865 par V. Duruy avaient pris plus d'ampleur, sans que le caractère essentiel de l'enseignement spécial fût profondément modifié. On avait corrigé ce qu'il y avait d'excessif dans les cercles concentriques, porté la durée des études à cinq années divisées en deux séries. On avait prévu fort sagement que le cours supérieur trouverait seulement dans les lycées les ressources sans lesquelles il ne pouvait exister. V. Duruy avait présidé à cette revision prudente. 11 a plus tard manifesté quelque inquiétude de voir renseignement qu'il avait institué s'écarter de plus en plus de son origine et tendre à devenir le rival de l'enseignement classique. La revision de 1886 se fit dans un esprit tout différent. « Le nouvel enseignement, disait le projet soumis au Conseil supérieur, sera général et classique; il devra être organisé de manière à répondre aux besoins nouveaux de la société moderne et à attirer vers les études secondaires françaises les
jeunes gens qui n'ont ni le goût ni le loisir de se livrer à l'étude des langues mortes. » Il s'agissait donc de faire de l'enseignement spécial un enseignement général et classique, au môme titre que l'enseignement traditionnel. Aussi toules les critiques qui s'élèvent aujourd'hui contre l'enseignement moderne se font-elles jour dès cette époque. L'enseignement spécial garde son nom. Mais un pas décisif a été franchi. La durée du cours d'études a été élevée à six années. Le certificat d'études délivré après examen à la fin de la troisième année est remplacé par un simple certificat scolaire, afin de marquer que les élèves de l'enseignement spécial doivent, autant que possible, suivre jusqu'au bout les études. L'enseignement d'une deuxième langue vivante devient obligatoire à partir de la quatrième année.
En 1891, l'évolution s'achève. On supprime ce qui restait de la division en deux cycles. L'enseignement moderne se présente comme devant former un tout complet et remplacer les mathématiques préparatoires qui viennent d'être supprimées. En fait, il ne lient pas cette dernière promesse. Le nombre des jeunes gens qui obtiennent des diplômes équivalents à l'ancien baccalauréat es sciences a diminué de plus d'un quart*. On s'en inquiète : la