Enquête. 'ï. I, p. 305. Déposition de M. Darboux
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France ne manque pas de savants, mais elle n'a pas assez d'ingénieurs et de praticiens. Elle est, à ce point de vue, devancée par l'Allemagne, qui a su organiser fortement l'enseignement de toutes les sciences auxiliaires de l'industrie. Notez qu'on n'a rien fait pour faciliter le passage de l'enseignement classique à l'enseignement moderne, pas plus que de l'enseignement moderne à l'enseignement classique. On les a considérés comme deux routes parallèles entre lesquelles il faut choisir, à l'âge de dix ans, et qu'il faut suivre ensuite jusqu'au bout. C'est un reproche qu'on peut adresser à d'autres parties de notre système d'instruction. On ne se préoccupe pas assez de préparer aux enfants, dont la vocation d'abord incertaine se dessine au cours des études, les moyens de changer de route.
Ces origines de l'enseignement moderne expliquent le caractère assez mal défini qu'il a encore aujourd'hui et les attaques dont il est l'objet. Comme il a pris la place de l'enseignement spécial, on lui demande de rendre tous les services que rendait l'enseignement spécial. Il les rend mal, parce que les programmes ne lui permettent pas de se plier aux proportions modestes de cet enseignement. De là tous les reproches que lui adressent les chefs d'établissements, les professeurs, les familles et les Chambres de commerce.