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CHAPITRE VIII , Des programmes

« C'est runiformité, a dit M. R. Poincaré, qui entraîne la surcharge des programmes. C'est elle aussi qui crée leur instabilité*. » Rien n'est plus juste. La question est de savoir s'il faut multiplier les types d'enseignement ou chercher les moyens d'assouplir les programmes, de les adapter aux besoins des enfants et de les mettre en quelque sorte à leur taille.

Bersot s'étonnait, en 1862, qu'on voulût faire marcher ensemble des écoliers pendant dix ans, parce qu'ils ont commencé ensemble et que les âges sont plus ou moins voisins, sans tenir compte de l'ardeur et de la vigueur de l'esprit qui permettent aux uns de faire à la course des étapes que d'autres font à petits pas. Il aurait voulu que chaque élève pût gagner du temps par son travail et qu'on renonçât à envisager une classe comme une unité indi-

visible. Pourquoi un élève avancé dans les lettres et arriéré dans les sciences ne pourrait-il pas s'exercer avec ses égaux, au lieu de marquer le pas pour attendre que les plus faibles rejoignent, ou de s'efsouffler à suivre ceux qui marchent plus rapidement? Pourquoi aussi ne laisserait-on pas aux élèves, sous la direction de leurs maîtres, une certaine liberté de choisir entre les divers enseignements?

« Nous n'avons pas la prétention, ajoutait Bersot, de vivre assez pour voir s'accomplir ces terribles réformes. Nous croyons pourtant que tout ne restera pas tel qu'il est aujourd'hui *. »

Ces idées, qui semblaient à Bersot quelque peu révolutionnaires, étaient celles du ministre de l'Instruction publique, V. Diiruy*. 11 s'effrayait, lui aussi, du fardeau de plus en plus lourd imposé à la jeunesse par l'accroissement inévitable des programmes. Les sciences, les langues vivantes, l'histoire, la géographie, le dessin, la musique, la gymnastique, prennent, par la force des choses, une place déplus en plus grande. Il n'est pas possible de toujours ajouter sans retrancher jamais. Autrement Tinstruction devient superficielle. Mais le moyen de retran-

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