DES PROGRAMMES
cher, c'est de permettre à l'enfant de faire un certain choix, c'est aussi de séparer les cours par nature d'études et de répartir les élèves, non plus comme aujourd'hui, d'après le numéro de la classe, mais par ordre de force dans les facultés principales, c C'est un régime, disait-il, dont on entrevoit les difiicultés d'exécution dans les grands lycées, mais aussi les avantages pour les élèves. »
L'enquête que nous venons de faire montre que les idées de Bersot et de V. Duruy continuent de faire leur chemin. Elles ont de nombreux partisans*. M. Compayré, qui est allé en 1893 aux États-Unis, en a rapporté des renseignements intéressants sur la manière dont les Américains sont arrivés à tempérer la rigueur du système des classes et à éviter la surcharge pour les élèves, tout en augmentant, d'année en année, la richesse des programmes. Partout, il y a des matières obligatoires et d'autres qui sont librement choisies par les élèves. On a pris des précautions pour que cette liberté ne dégénérât pas en anarchie. En règle générale, un élève n'est pas abandonné à lui-mômc. Il doit faire approuver les motifs de son option. L'opinion est de plus en plus favorable à ce système.
Nous sommes loin d'appliquer en France les mêmes
1. Enquête. Voir les dépositions de MM. Lavisse, Foncin, Morel, E. Dupuy, Gebhart et surtout celle de M. Maueuvrier.
idées. Chez nous, comme en Allemagne', on meta la disposition des familles deux ou trois types d'enseignement. Leur choix doit être fait une fois pour toutes. 11 ne leur est pas permis de combiner entre eux ces programmes, de prendre ce qui convient à un enfant, d'écarter ce qui est inutile ou au-dessus de ses forces. Ainsi un enfant qui veut être agriculteur opte pour l'enseignement moderne. Il ne peut pas étudier la chimie, Thistoire naturelle dont il a besoin, sans apprendre à fond les mathématiques pour lesquelles il n'a peut-être pas d'aptitude. 11 est tenu d'apprendre, qu'il le veuille ou non, deux langues vivanles. Le défaut des programmes officiels, c'est qu'ils sont faits pour une moyenne. 11 faudrait pouvoir les mettre au point, suivant les besoins des élèves et suivant les ressources des établissements. Cela n'est peut-être pas aussi difficile qu il semble à première vue. Toutes les matières d'un programme n'ont pas la même importance. 11 y en a que tout le monde s'accorde à juger nécessaires. D'autres peuvent être facultatives. 11 faut que l'examen, placé à
1. On se plaint aussi en Allemagne du défaut de souplesse des types d'enseignement, a L'uniformité, disait le D*^ Yirchow en 1889 à la Chambre des députés, qui pèse sur tout le système de l'instruction publique en Prusse, rend impossible toute expérience, tant au point de vue des matières que des méthodes de l'enseignement, tandis qu'on peut voir, par l'exemple de la Suède et de l'Angleterre, quelles formes indéliniinent variées peut revêtir l'éducation de la jeunesse sous un régime de liberté. »