‹ La réforme de l'enseignement secondaire (volume 2)Chapitre 43 sur 84 · Enquête. Déposition de M. Darboux, t. I, p. 311 et · texte numérisé non relu

Enquête. Déposition de M. Darboux, t. I, p. 311 et

2. Enquête. Déposition de M. L. Lévy, t. H, p. 571. 5. Lettre au Temps^ 16 janvier 1889.

personnelle, mais si propres à faire triompher la mnémotechnie et la préparation mécanique. Les plus forts passent malgré tout; mais combien y périssent ou sont faussés pour toute leur vie ! Aucun peuple n'a adopté de régime analogue et tous s'accordent à regarder le nôtre comme une cause d'affaiblissement physique et intellectuel pour notre jeunesse. »

Le mal s'est développé à mesure que la concurrence devenait plus ardente. Pendant la première moitié du siècle, le système est resté presque inoffensif. Il ne fonctionnait pas encore à outrance. Mais quel peut être le remède?

Quelques-uns, comme Jules Simon, qui a écrit tout un chapitre sur ce sujet*, veulent qu'on élève l'âge d'admission aux écoles, çtque les programmes soient faits d'accord entre les ministres de la Guerre et de l'Instruction publique. Mais ce ne sont pas tant les programmes qui sont mauvais que ce qu'on y ajoute, du fait des examens. Élever la limite d'âge, c'est donner aux candidats plus de temps pour une préparation qui, en se prolongeant, tend à fausser l'esprit, à lui enlever tout au moins quelque chose de sa fraîcheur. De plus, c'est retarder encore l'entrée dans les carrières actives. Un des vices de ce système des concours est justement de retenir trop longtemps les jeunes gens dans une préparation qui ne

les met pas en contact avec les réalités pratiques.

Nous serions fort tentés d'abaisser, au contraire, la limite d'âge, de prendre les candidats non plus après une préparation artificielle de deux ou trois années, mais au sortir de leurs études, à dix-sept ou dix-huit ans au plus tard. Le concours aurait lieu à l'école même, pendant toute la durée des études. On ouvrirait largement les écoles à tous ceux qui auraient fait preuve d'aptitudes à en suivre l'enseignement. L'examen serait aussi simple que possible. L'État ne promettrait pas de donner des fonctions publiques ou des emplois dans l'armée à tous les élèves, mais seulement à ceux qui se seraient classés les premiers à la sortie. On reviendrait à ce qui se passait à l'origine. Les écoles spéciales créées par la Convention ne conduisaient pas tous leurs élèves aux fondions publiques ni aux grades dans l'armée. La société n'a pas moins besoin que l'État d'hommes ayant fait de hautes études scientifiques. L'École polytechnique serait la pépinière des écoles professionnelles de l'État telles que l'École d'artillerie, l'École des mines ou celle des ponts et chaussées.

C'est un changement auquel nous ne sommes peut-être pas suffisamment préparés. Mais ne pourrait-on pas faire un premier pas en soumettant les candidats à un examen préliminaire qui serait passé à la fin des études? Ce serait un moyen d'affranchir

des préparations spéciales el prolongées ceux qui se font illusion sur leurs chances et sur leurs aptitudes. Us seraient encore assez jeunes pour se retourner vers d'autres carrières. On leur rendrait un immense service. Les autres feraient une année préparatoire après laquelle ils subiraient un concours pour entrer dans les diverses écoles. Cette année supplémentaire aurait Tavantage de fondre un peuplas les candidats de toute origine. Personne ne pourrait s'en plaindre.

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