M. R. Poincaré. Appendice, p
sible de maintenir renseignement tout entier sous sa main. Seulement, l'ancien régime lui-même admettait une certaine variété de l'éducation sur un fonds commun de croyances religieuses et monarchiques. Les universités avaient une grande indépendance, et à côté d'elles s'étaient établies des congrégations qui couvraient le pays de leurs collèges. Cela faisait des rivalités sans fin. Comme le dit Thiers dans son rapport de 1844, « si on lit les nombreuses harangues des plus grands magistrats, on y trouvera que les corporations accusent les universités d'être des corps jaloux, oppresseurs, inspirant à la jeunesse de mauvaises mœurs et que TUniversité accuse les corps religieux de donner une instruction médiocre, de rompre l'unité de l'esprit national, quelquefois d'importer en France un esprit étranger. Le monde a beau marcher, proclamer avec grand bruit qu'il est changé. 11 change, au fond, bien moins qu'il ne croit ».
Le cardinal de Richelieu, dont on nous a rappelé le testament politique*, a porté sur ces rivalités un jugement qui conviendrait presque à notre époque par la profondeur des vues et la part de vérité permanente qui s'y trouve. 11 ne serait pas besoin de presser beaucoup ses paroles pour en faire sortir la liberté d'enseignement.