Enquête. — Déposition de M. Ilanotaiix, t. U, p
152 RÉFORME DE l/ENSEIGNEMENT SECONDAIRE.
C'est aussi la liberté qui se trouve au fond de toutes les conceptions de la période révolutionnaire*. L'État a le devoir d'organiser l'éducation ; mais il n'en est pas le maître. De fait, à la fin de la Révolution, il s'était créé beaucoup d'écoles privées, à côté des écoles centrales instituées par la Convention et le Directoire.
Napoléon a eu la pensée de mettre la main sur l'enseignement, avec la volonté d'établir l'unité des ^ opinions politiques; « Mon but principal, disait-il lui-même au Conseil d'État, est d'avoir un moyen de diriger les opinions politiques' ». « Tant qu'on n'apprendra pas à l'enfant s'il faut être républicain ou monarchiste, catholique ou irréligieux, l'État ne sera pas une nation'. » L'Université, telle qu'elle est sortie des mains de Napoléon, était une sorte de corporation qui devait prendre la place, dans la société nouvelle, des anciennes corporations religieuses. Cette conception pouvait avoir sa grandeur. Elle n'en était pas moins une utopie. L'unité morale du pays, qui n'était déjà plus qu'une apparence à la fin de l'ancien régime, avait été brisée pour longtemps par la Révolution. C'était un rêve de penser que
1. Tallcyrand proclame la liberté sous la seule condition d'une déclaration aux autorités ; Condorcet s'y résigne ; Lakanal l'inscrit flans la loi et Daunou en fait un article fondamental de la Constitution de l'an HI.