Liard; Enseignement supérieur en France, t. II, p
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à qui elle a le -plus profité, défendue par eux, comme une transaction, comme une sorte de pisaller, la loi de 1850 a eu, au moins, ce mérite d'imposer une trêve aux violences de la lutte entre l'Église et l'Université. On lui reproche avec raison de n'avoir pas donné à l'État des garanties suffisantes. L'enseignement libre a été trop visiblement placé au rang de rival et presque d'ennemi de l'enseignement de l'État. Comment s'étonner que, depuis un demi-siècle, l'Université ait vu avec défaveur l'enseignement libre, qu'elle n'ait pas eu pour lui cette bienveillance que l'État doit à des collaborateurs*? La loi de 1850 a été une loi de défiance contre l'Université. Celle-ci s'est sentie menacée. Les années qui ont suivi la première application de cette loi ont été, pour l'Université, des années de tristesse, d'inquiétudes et de mesquines persécutions. II en est resté une impression qui ne s'est pas effacée.
Quoiqu'elle affecte de considérer la loi de 1850 comme une sorte d'édit de Nantes, l'Église n'a pas désarmé. Son action a été moins directe, moins ouvertement agressive qu'au temps où elle subissait le monopole; au fond, elle n'a guère été moins hostile aux idées que représente l'Université. Il semble môme que les jeunes générations qui sortent des lycées et des écoles libres aient moins de points de