‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 30 sur 67 · M. Jules Gautier, inspecteur de l'académie de Paris · texte numérisé non relu

M. Jules Gautier, inspecteur de l'académie de Paris

devrait être, un certificat d'aptitude à l'enseignement secondaire*. Dans l'enseignement. littéraire, ce défaut est particulièrement signalé. Il se retrouve aussi dans* l'enseignement des sciences* et dans celui des langues vivantes'.

Comment relever la pédagogie et donner, en môme temps, à l'agrégation, un caractère professionnel? En exigeant que tous les futurs professeurs fassent un stage et obtiennent un certificat d'aptitude pédagogique. Ce n'est pas le lieu d'entrer dans les détails d'application. On conçoit que ce stage puisse n'être pas organisé de même pour les licenciés qui se préparent à enseigner dans les lycées ou dans les collèges, sans passer par l'agrégation, et pour les futurs professeurs qui ont déjà subi avec succès le concours d'agrégation. Nous voudrions que ces derniers fissent, de préférence, leur stage dans un lycée établi au chef-lieu d'une Université. Ils pourraient, tout en étant associés dans le lycée à la direction des classes et des études, sous la conduite

1. Enquête. Déposition de M. Léon Bourgeois. Appendice^ p. 284.

2. « Il y a énormément de professeurs qui ne savent plus professer. Ils savent tout, sauf leur métier, la partie la plus pratique de leur métier. » Enquête. Dép. de M. Buquet. T. II, p.505.

3. « Notre agrégation, et je crois qu'il en est de même de toutes, n'a pas un caractère assez professionnel. Je trouve souvent des premiers agrégés qui sont de médiocres professeurs. Cela tient à ce que nos agrégations sont des concours purement scientifiques ou littéraires, sans caractère professionnel. » Enquête. Dép. de M. Bossert. T. II, p. 60.

de professeurs expérimentés, recevoir dans des conférences faites à l'Université, d'utiles indications et de précieux conseils sur l'emploi des meilleures méthodes et sur la manière de remplir leurs devoirs professionnels.

Nous demandons aussi, dans le même ordre d'idées, que l'École normale ne soit pas seulement une école de hautes éludes, mais encore un véritable séminaire pédagogique. Sans renoncer à aucune des traditions qui en ont fait un des foyers de la science et de la culture littéraire la plus élevée, elle ne doit jamais oublier qu'elle a été instituée pour préparer des professeurs de l'enseignement secondaire. Ce n'est pas assez de leur donner l'instruction la plus complète et la plus variée, elle doit aussi les former au point de vue professionnel. Cette seconde partie de sa tâche n'est pas moins essentielle que la première.

C'est de l'École normale et des Universités que doit partir le mouvement de rénovation des études classiques.

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