‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 43 sur 67 · DU PRIX DE U PENSION · texte numérisé non relu

DU PRIX DE U PENSION

dant longtemps, à réduire le plus possible la pari de l'État dans les dépenses de l'enseignement secondaire. Dans les dernières années de l'Empire, la subvention de l'État ne s'élevait guère qu'à trois millions; les familles payaient presque tout le surplus des dépenses. Peu à peu le déficit a grossi, par suite de l'augmentation du traitement et du nombre des professeurs.

On a cru faire un acle de bonne politique financière en élevant tout à coup le prix de la pension. Mais cette élévation a coïncidé avec la crise qui sévissait dans les campagnes. Le résultat a été, en beaucoup d'endroits, désastreux. Au lieu de meitre en équilibre les budgets des lycées, on n'a fait qu'augmenter le déficit.^

11 importe de mettre ces faits en lumière.

A Marseille, le lycée a perdu J58 internes sur 316. Cependant le nombre des internes s'est accru dans les pensionnats libres. Les familles ne sont donc pas opposées, en principe, à l'internat. Mais le proviseur signale les prix trop élevés de la pension. Ils varient de 800 à 1000 francs. Beaucoup de familles sont allées chercher ailleurs un enseignement qui, d'après l'inspecteur d'académie, ne répond pas à leurs pré-, fcrences. De môme à Aix, le lycée a perdu, en quelques années, 104 pensionnaires.

Dans l'académie de Montpellier, la crise viticole a

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fait de grands ravages. 11 y a 8 collèges dans le seul département de rilcrault, sans parler du lycée de Montpellier. Tous ces établissements ont perdu une grande parlie de leur clientèle. Dans l'Aude, le lycée de Carcassonne a vu sa population d'internes tomber de 461 à 177. Cette diminution est due surtout, nous affirme le recteur, aux mesures prises pour élever le prix de la pension au moment où le phylloxéra sévissait le plus cruellement.

11 en est de môme dans l'académie de Toulouse. « Peu d'habitants de la campagne, dit l'inspecteur d'académie, ont aujourd'hui assez d'aisance pour entretenir leurs fils pendant les six ou sept années que demandent des études classiques ou modernes. » Dans l'Aveyron, le nombre des internes est tombé de 530 à 125. « La clientWe de l'enseignement secondaire est restée la môme; mais elle s'est déplacée. Elle est allée chercher des prix moins élevés. » Le Gers a beaucoup souffert de la crise agricole. L'internat y est atteint comme ailleurs « non pas, dit l'inspecteur, que les familles s'en détournent de parli pris ; mais il est trop cher pour elles ». Dans le Tarn, le lycée d'Albi a perdu 96 internes de 1881 à 1898. « Les prix élevés de nos internats, dit l'inspecteur, ne sont plus en rapport avec le rendement de la terre. »

Nous entendons la môme plainte dans l'académie

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