‹ La réforme de l'enseignement secondaire dans le canton de VaudChapitre 7 sur 30 · DIVERS · texte numérisé non relu

DIVERS

Missionnaires. Oftiriers à l'Armée du

salut

Pair anglais ....

Jetez maintenant un coup-d'œil sur le programme et le plan d'études de l'Ecole industrielle cantonale qui fait règle ; dites-vous que ces 102 commerçants, ces 45 artisans et gens de métiers, ces 75 agriculteurs sans parler des officiers à l'Armée du salut, ni du pair anglais, ont été préparés comme s'ils avaient eu pour but de suivre le Gymnase mathématique ! Et rappelezvous le mot de la commission fédérale de maturité : « Faire», progresser l'instruction qui prépare aux études supérieures et, par là, donner une plus haute portée à celles-ci. »

La commission, évidemment, désire que nos lutins hommes de science reçoivent une culture gé-

DK L'ORGANISATION SI

nérale plus forte, que l'on développe en eux les qualités de l'esprit, que, dès le début, on vise le but éloigné, que l'enseignement soit mieux calculé pour y atteindre. 11 ne l'est pas assez pour l'utilité de nos futurs savants, c'est-à-dire 47 ou 48 °/o de nos élèves. 11 l'est encore moins pour l'utilité des autres, c'est-àdire de 83 °/o qui déboucheront immédiatement dans les carrières pratiques. 11 leur faudrait des notions usuelles de diverses sciences avec de nombreuses applications, un enseignement moins systématique, plus concret, plus varié. Un plus grand choix entre diverses langues vivantes; un peu d'hygiène, d'économie politique, un peu plus d'instruction civique.

Voici, par exemple, ce que dit le rapporteur de Moudon : L'enseignement secondaire est bien actuellement une préparation à l'enseignement supérieur ; il n'est malheureusement pas, comme il devrait l'être, le complément de l'enseignement primaire. Ce dernier est organisé comme si rien autre n'existait à côté et compte sur 9 années pour faire un travail que de bons élèves, doués moyennement, devraient pouvoir faire en 4 ou 5 ans. (Réponse au questionnaire.)

Ce que demande le rapporteur de Moudon, si je ne nie méprends pas, c'est une bonne école primaire supérieure (Secundarschule) ; et l'on voit bien, en effet, ce qui nous manque. Mais où se recruterait le Gymnase mathématique, après la réformation des programmes ? A l'heure qu'il est, les élèves sentent un brusque relèvement du niveau en passant de l'Ecole industrielle au Gymnase ; il y a là un accident de terrain qui cause pas mal d'accidents de personnes. Que sera-

ce si Ton adapte les programmes et le plan d'études, je ne dis pas aux convenances, mais à l'utilité évidente, aux besoins indiscutables du plus grand nombre ?

Le Gymnase ne saurait diminuer ses exigences, grâce à Dieu et aux écoles techniques supérieures, comme aussi à la commission fédérale de maturité. Il y aura incompatibilité de tendances et l'on en souffrira des deux parts. On en souffre déjcà.

Dans le questionnaire du 15 décembre 1902, j'avais énuméré brièvement les principales solutions, bonnes ou mauvaises, de cette grave difficulté. Ni l'une ni l'autre n'a obtenu l'adhésion de nos collègues. Cependant, la question commence à devenir urgente.

On peut ajouter au programme quelques matières utiles pour les besoins de la région, et créer des groupes de branches à option, élèves et parents ayant reçu l'indication des matières indispensables pour obtenir l'équivalence avec les classes de Lausanne.

Objections : Nous n'avons pas le personnel suffisant (Rolle, Avenches) ; cela entraînerait de grands frais (Echallens) ; créer des branches nouvelles, oui, mais en supprimer d'autres pour éviter la surcharge (Ste- Croix) ; pas de branches nouvelles, mais plus d'applications (Orbe) ; pas de branches nouvelles, mais des cours du soir pour anciens élèves (Ghâteau-d'Œx, Payerne) ; l'enseignement secondaire n'est pas professionnel, il ne comporte que des branches de culture générale (Aigle, Morges) ; tel qu'il est, il est suffisant pour les élèves qui achèvent le cours d'études de leur collège (Vevey) ; Cully se montre favorable aux groupements de branches avec option.

DE l'organisation 83

Cependant, de ces mêmes établissements, un bon nombre désire des matières nouvelles. Avenches voudrait l'anglais ;.Moudon voudrait l'anglais ou l'italien à la place des mathématiques ; Cully, de' la chimie et de la comptabilité agricole, Château-d'Œx, delà comptabilité et un enseignement agricole ; Aigle indique nomme pouvant être utiles la géographie commerciale, la botanique (arboriculture), le dessin artistique, l'italien enfin, à cause du percement du Simplon ; Lausanne, Collège cantonal, adopte les conclusions d'un rapport circonstancié de son directeur, qui conclut à la création d'écoles secondaires ou primaires supérieures dans les villages les plus importants, tandis que « dans les villes, Lausanne exceptée, le » collège, dont le programme serait orienté dans le » sens pratique, pourrait tenir lieu d'école secondaire. » Les élèves destinés aux études recevraient au col- » lège un enseignement supplémentaire qui leur per- » mette d'arriver bien préparés dans les écoles canto- > nales de Lausanne ».

Ajouter des matières, et surtout orienter l'enseignement dans un sens plus pratique, telle est la première solution. On vient de voir combien les avis diffèrent à ce sujet. Même diversité de sentiments au sujet de la seconde solution : distinguer, non plus entre des groupes de branches, ce qui est le système américain, mais entre les établissements, ce qui est le système français, et créer des écoles improprement appelées secondaires, des écoles primaires supérieures. Objections : Elles feraient double emploi avec les collèges. (Bex, Payerne, Cully, Vevey, Rolle, Aigle, Orbe).

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