‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 25 sur 135 · Arrêté du 16 mai · texte numérisé non relu

Arrêté du 16 mai

rare habileté, qui changeaient à volonté d'âge et de condition, au moyen d'un assortiment de costumes et de perruques, et, pour comble de Tart, passaient un très-bon examen, quand ils le pouvaient sans inconvénient, ou un examen médiocre, quand ils savaient que le bon n'eût pas été vraisemblable. Une autre industrie, moins criminelle, mais infiniment plus répandue, attaquait bien profondément Texistence du baccalauréat : c'était celle des préparateurs. Critique profonde du système d'enseignement gouverné par des programmes : en six mois, les préparateurs mettaient un candidat en état de répondre ; il ne savait plus rien au bout de sept mois ; mais il avait un diplôme pour son argent*. M. de Salvandy combattit ce genre de fraude avec des armes, en vérité, bien inoffensives : « Défense aux chefs d'institutions de faire faire des cours préparatoires au baccalauréat es lettres ; poursuites contre tout individu qui, par une voie quelconque, annoncera des cours préparatoires*. » M. Villemain trouve autre chose. On publiait chaque année une liste de passages, sur lesquels étaient interrogés les candidats. « Ils seront interrogés désormais sur des passages choisis inopinément dans des textes complets, Virgile, Horace,

1. « .... Ils passent aux mains d'entrepreneurs de baccalauréat qui se chargent de mettre, en six mois, Têtre le plus inepte en état de répondre aux questions des examinateurs; ces entraînements calculés pour le moment de la course n*ont rien de durable. Pour que la nourriture intellectuelle profite, il faut qu'elle soit donnée lentement et à petites doses; les études spéciales au baccalauréat ne laissent en général aucune trace, quand elles n'en laissent pas de funestes. » (Ch. Lenormant, Essais sur VinstrucHon publique^ réunis et publiés par son fils en 1873, p. 154.)

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