Demogeotet Montucci, ll,ip.2l sqq
de la gymnastique plus sérieuse, et n'en font pas moins. Nous avons mille raisons de les imiter, pour nous bien porter, pour avoir dans notre corps un serviteur puissant et agile , pour nous prêter assistance à nous-mêmes dans une infinité de cas, pour dédaigner toutes sortes d'incommodités et d'aventures qui tracassent un homme faible et maladif, pour nous livrer, sans distraction, au travail intellectuel, et pouvoir le supporter longtemps.
Je ne sais si Tinfériorité physique des hommes instruits ne contribue pas à leur ôter une partie de leur influence sur les ouvriers. Il est naturel qu'un colosse éprouve un certain dédain pour un homme faible, que la moindre fatigue épuise, et qui ne peut, en un besoin, se défendre et se protéger soi-même. Chacun reprend sa place quand le savant trouve une occasion de diriger une grande force et de lui faire produire des merveilles; mais ces occasions ne se présentent pas fréquemment, si ce n'est dans un vaisseau ou dans une usine. Partout ailleurs, la force physique est un utile appoint pour commander le respect. Je ne veux pas cependant faire de la gymnastique une institution sociale; et je me hâte de conclure en disant que nous devrions emprunter aux Anglais un peu de cette habileté avec laquelle ils ont transformé en jeux et en fêtes les exercices athlétiques dont leurs élèves avaient besoin. On pourrait, par exemple, faire manœuvrer ensemble, à certains jours, les divers collèges, dans les villes où il y en a plusieurs, ou leur donner place, à côté des régiments, dans une revue ; permettre aux élèves de prendre part à un concours pour le tir à la cible, peut-être même, mais avec plus
de réserve, à un assaut d'armes public*. En Suisse, en Allemagne, en Belgique, les exercices de tir sont un amusement très -goûté et très -populaire, encouragé par TÉtat et les municipalités, et par un certain nombre de sociétés libres. Les jeunes gens s'y mêlent de très-bonne heure. Ce qu'on appelle l'école des cadets n'est que la réalisation de la pensée que j'exprime ici. Tous nos voisins nous ont devancés en tout ce qui touche aux exercices physiques. Nous seuls jusqu'ici ne savons pas les rendre attrayants. Il n'y a rien de plus froid que nos collèges réglementés à l'excès, où le maître est toujours un fonctionnaire et ne consent jamais à être momentanément un camarade. Nous n'arrivons même pas à faire aimer la gymnastique, qui est si près d'être un jeu, et qui l'est positivement en Angleterre. Un maître habile est celui qui fait aimer même le travail le plus aride : il y a tant d'honnêtes passions qu'on peut exciter dans un jeune cœur!
Veluti pueris absinthia teira medentes Cum dare conantur, prius oras pocula circum CoDtiDgunt mellis dulci flavoque liquore, Ut puerorum setas improvida ludificetur Labrorum tenus, intereà perpotet amarum Absinthi laticem, deceptaque non capiatur, Sed potius tali facto recreata valescat*.
1. M. Vernois (II,, p. 86) constate Tezistence d'un jeu de paume aux lycées de Pau et de Montpellier, d*un jeu d'arc à Douai, d'un grand jeu de boules à Napoléon- Vendée.