‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 75 sur 135 · AVANTAGES DB L^EDUOATION DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

AVANTAGES DB L^EDUOATION DOMESTIQUE

Les auteurs qui écrivaient sur Téducation, jusqu'à la fin du siècle passé, se préoccupaient par-dessus tout du choix d'un gouverneur; et Rousseau, à cet égard, ne fait pas autrement que Montaigne. Il y avait alors dans les collèges deux sortes d'écoliers: ceux qui venaient y forger un outil pour se frayer un chemin dans le monde, et ceux qui venaient y chercher seulement de l'éducation ; ^s premiers suivant, comme ils pouvaient, les leçons du régent, la plupart du temps gratuites, et, quand ils étaient obligés de gagner leur vie, la gagnant quelquefois en servant aux autres de domestiques ; les seconds , entourés, même au collège, des avantages de la richesse et des privilèges que la naissance conférait. Les jésuites attiraient le plus qu'ils pouvaient de ces derniers, pour se faire des patrons dans les familles puissantes, et c'est ainsi que Molière fut le condisciple du grand Gondé. Assez souvent les gentilshommes se dispensaient d'envoyer leurs enfants au collège ; et le gouverneur se chargeait tout seul de l*âme et du corps

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de <c M. le chevalier. » Le latin faisait le fond de Téducation, et on y attachait ce qu'on pouvait d'histoire et de notions générales sur les autres sciences, à mesure que la lecture des auteurs en fournissait l'occasion.

Aujourd'hui, nous avons perdu le gouverneur, et ceux qui se servaient de lui. Rousseau disait déjà que le gouverneur était introuvable, a Le respectable état de précepteur exige tant de talents qu'on ne saurait payer, tant de vertus qui ne sont point à prix, qu'il est inutile d'en chercher un avec de l'argent*. » On en cherchait pourtant, et môme on en trouvait, parce que le mérite, sans naissance et sans appuis, était entouré de barrières infranchissables, et que le grand seigneur, toujours doublé d'un grand fermier général, a gardé ses privilèges et le droit de dispenser des faveurs jusqu'au moment même de sa chute. C'en est fait maintenant de tout cela. On connaît encore « M. l'abbé » dans quelques rares familles légitimistes, et c< M. l'abbé » n'est plus bon qu'à mener le petit garçon jusqu'à la porte du lycée, et à l'accompagner dans ses promenades.

Après la table rase de 1793, l'Empire a essayé de faire une nouvelle noblesse. L'Empereur, qui regrettait tant de n'être pas son propre petit-fils, a donné à d'anciens ducs le litre de barons, pour mieux entrer dans son métier d'ancêtre, et pour montrer à tous les yeux qu'il voulait imiter, mais non continuer. Ni lui, ni ses barons de fraîche date n'ont fait souche. La vieille noblesse, privée de ses privilèges effectifs, a essayé de se sauver par ce qu'on appelle

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