‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 79 sur 135 · Id,, tb., p · texte numérisé non relu

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4. La faculté de théologie avait pour doyen le plus ancien de ses docteurs séculiers; la faculté de droit renouvelait chaque année son doyen par ordre d'ancienneté ; la faculté de médecine élisait le sien pour deux ans. (Id,, ib,)

ô. Les nations de France, de Picardie, de Normandie et d'Allemagne. Cette dernière s'appelait dans les premiers temps la Nation d'Angleterre. {Id,, ib,)

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quemment. Ils jouaient un rôle important dans les assemblées générales, ce qui s'explique par cette circonstance que leurs charges étaient à vie, tandis que les recteurs n'étaient nommés que pour trois mois, et les procureurs des nations pour un an *, à l'exception du procureur de la Nation de France, qui n'était élu que pour un mois. L'élection du recteur était le privilège de la faculté des arts, qui le choisissait dans son sein ; les autres facultés n'y concouraient pas '. Les membres de chaque nation nommaient un électeur ou Intranty et les quatre /ntrantSj réunis en conclave, nommaient le recteur'.

1. Le procureur de la Nation de France était élu pour un mois. L'usage s'étant établi de le réélire pour le mois suivant, la Nation fît un règlement, le 13 janvier 1459, pour interdire sa réélection. (Crevier, U., t. IV, p. 257.) Les quatre censeurs, d'après les Statuts de 1598, étaient élus pour deux ans.

Les charges perpétuelles étaient très-recherchées. Le syndic exerçait les fonctions de procureur général; le greffier tenait les livres des actes et les procès-verbaux des séances. Les émoluments étaient bien modiques ; ceux du syndic, qui étaient de quatre-vingts livres, furent portés à six cents pour Edme Pourchot,en 1709. (Jourdain, U.,p.292.)

2. Ce privilège de la faculté des arts s'explique par cette circonstance qu'elle a été d'abord toute TUniversité. La théologie, le droit, la médecine se séparèrent ensuite pour former des facultés distinctes. Le droit et la médecine eurent même leurs écoles en dehors des collèges. Ces trois facultés furent appelées supérieures, uniquement parce que les écoliers y entraient après avoir étudié dans la faculté des arts ; cependant on leur laissa prendre la préséance. Dans le conseil du recteur, chaque doyen avait une voix, les procureurs des Nations en avaient aussi chacun une, ce qui faisait quatre voix pour la faculté des arts; mais les procureurs étaient nommés parles artiens, dont le nombre était bien plus considérable que celui des théologiens, des médecins ou des canonistes. Dans un procès qui fut plaidé en 1522, l'avocat du défendeur constata que la faculté des arts renfermait plus de quatre cents vocaux, tandis que la faculté de droit n'avait que deux opinants et celle de médecine treize. (Crevier, K., t. V, p. 160.)

3. Le recteur avait de grands privilèges. On sait qu'à certaines épo-

Je viens de dire en gros la forme de Tadministration ; voici quelques détails également sommaires sur la collation des grades. 11 y en avait trois dans chaque faculté : le baccalauréat, la licence, et le doctorat, ou mattrise. Le baccalauréat était conféré par les examinateurs de chaque faculté, après une épreuve publique, qui s'appelait Isl déterminance. Cette éprenye durait plusieurs jours, pendant lesquels il fallait argumenter contre tout venant; TUniversité, surtout dans les premiers siècles, était essentiellement militante et batailleuse, et la rue du Fouarre où se tenaient alors les déterminances et les autres actes publics retentissait incessamment du bruit des disputes. Une fois reçu, le bachelier faisait des cours, argumentait dans les thèses publiques; et s'il était prêtre, il était tenu de prêcher dans les établissements dépendant de l'Université *. Ce temps d'épreuve, qui durait plusieurs années, se terminait encore par une

ques il disputa la préséance à Tévêque de Paris. (Crevier, tt., t. III, p. 40 et p. 47.) Ses droits et ceux de son conseil s'étendaient sur tout 1q corps enseignant; à Texception des maîtres écrivains^ qui étaient considérés comme des artisans, et faisaient partie des six corps, et des maîtres des petites écoles, qui étaient sous la dépendance du chantre de l'église de Paris. Le recteur était aussi le chef des libraires, relieurs, enlumineurs et parcheminiers. Il gouverna longtemps les messageries. Il avait certains droits de police sur toutes les maisons situées dans le quartier des écoles.

Le conclave où il était élu par quatre intrants portait le même nom, était soumis aux mêmes règlements que le conclave des cardinaux pour l'élection d'un pape. Le temps était plus étroitement mesuré aux intrants qu'aux cardinaux. Ils allumaient, avant de commencer leurs opérations, une chandelle de cire, dont le poids et la forme étaient marqués par les règlements, et l'élection devait être faite quand la chandelle était consumée. (Crevier, U., t. II, p. 91.)

1. Statuts du cardinal d'Estouteville, 1452. La qualité de docteur en théologie donnait le droit de prêcher dans toutes les églises.

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discussion solennelle, à la suite de laquelle le candidat trouvé capable se présentait, pour les arts, soit au chancelier de Notre-Dame, soit au chancelier de Sainte-Geneviève, et pour les trois autres facultés, au chancelier de Notre-Dame seulement * . Il recevait de ce dignitaire la licence d'enseigner, ce qui s'appela avec le temps le grade de licencié *. Une fois licencié, il pouvait être régent, et presque aussitôt, en subissant un dernier acte solennel ', il était . promu au grade de docteur par la faculté compétente. On disait ordinairement docteur de la sacrée faculté de théologie, docteur en décret (ou en droit), docteur en médecine, maître es arts. Les épreuves subies par les candidats en théologie étaient très-solennelles. Les plus importantes se nommaient les /Sorôomçwes, parce qu'elles avaient lieu dans la maison de Sorbonne, comme les élections rectorales se faisaient à Saint- Julien le Pauvre, et les assemblées de TUniversité aux Mathurins. Les candidats étaient quelquefois de grands personnages, destinés aux premières dignités de l'Église. Le prince de Conti disputa tout un jour comme candidat, ayant son père, le grand Condé, à côté de lui *. Armand de Richelieu soutint ses épreuves avec un grand éclat dans le cours de Tannée 1607. Quoiqu'il n'eût que dix-neuf ans, il était déjà évê-

1. Lorsque le chancelier donnait la bénédiction apostolique et la licence (permission) d'enseigner, il était, dans cette fonction, le délégué, non de Tévêque ou de l'abbé, mais du Saint-Siège.

2. Le chancelier cessa de donner la licence en droit vers 1678. (Crevier, M., t. VI, p. 241.)

3. Le placet, ainsi nommé parce que le Président demandait le suffrage de tous les maîtres présents en leur disant : Placei-ne — vous convient-il, etc. (Crevier, W., t. IV, p. 196.)

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