LE COMITÉ CONSULTATIF
compétente et assez peu impartiale par sa composition. On peut confier à une telle assemblée la révision des programmes, mais non pas la préparation ; on peut s'en reposer sur elle pour la justice disciplinaire, mais non pour la justice distributive, parce qu'elle ne connaît pas du tout les personnes et qu'elle ne connaît pas suffisamment les fonctions. L'Assemblée a eu le bon esprit (après réflexion toutefois) de ne pas y introduire des députés ; malgré cela, le Conseil supérieur fera toujours de la politique, c'est-à-dire ce qui est toute la politique en fait d'éducation : il sera tantôt clérical et tantôt moins clérical. Je crois volontiers qu'il peut rendre de grands services, ne fût-ce que celui de limer les cervelles universitaires à d'autres cervelles. S'il voulait décider de tout par ses propres lumières, en fait de pédagogie, il brouillerait tout. Il est donc nécessaire de placer à côté de lui une autre assemblée, qui donne un avis très-compétent sur les questions de programmes et qui soit seule consultée sur les questions de personnes. Telle est la pensée qui a donné naissance au Comité consultatif. Le Conseil supérieur embrasse l'instruction privée et publique; le Comité consultatif ne concerne que l'Université et ne donne que des avis, soit en matière de programmes, au Conseil supérieur, soit en matière de personnel, au ministre. Il garantit trois choses essentielles : la durée de l'Université en tant que corps; l'influence de la tradition et de l'expérience sur la direction des études ; l'indépendance du fonctionnaire vis-à-vis du ministre. Il est composé de douze inspecteurs généraux, d'un professeur de chaque faculté, du vice-recteur de l'Académie de Paris, du directeur de l'École