DOIRE
Il y a 5 écoles secondaires dans ce département, savoir : à Ivrée, à Aoste, à Chivas, à Rivarolo, et à Acorgné [Courgné] ; cette dernière n'est point encore autorisée.
Les professeurs sont, pour la plupart, des ignorants. Le préfet en excepte ceux d'Aoste.
leur disant que c'est le seul moyen de soustraire leur fils au service militaire. Le préfet fait diverses observations sur ces abus. » (AFiv, 15M)- L'enquête de 1811 sur les séminaires donne les chiffres suivants : Un séminaire à Saint-Brieuc (350 élèves), une succursale de séminaire à Dinan (200 élèves), une institution ecclésiastique à Tréguier (?) une semblable à Ploubalay (« beaucoup d'élèves, on n'a pu en savoir le nombre »). Le préfet déclarait ne pouvoir donner de renseignements très précis, « tout est enveloppé des voiles du mystère » : l'évôque se refusait à toute inspection ; les prêtres travaillent « à ruiner les écoles civiles pour peupler les leurs ». Aucun enseignement des sciences physiques et des mathématiques; les élèves arrivent déjà préparés par des prêtres qui tiennent dans les campagnes des écoles de préparation povr le séminaire.
Dans son rapport, le préfet des Cotes-du-Nord avait signalé le sieur Richard « comme un homme peu propre à diriger la jeunesse attendu l'exaltation do ses idées et ses maximes équivoques relativement à l'étendue de la puissance temporelle ». II apprit que ce prêtre avait été chargé de prononcer le discours solennel en commémoration du couronnement et de la victoire d'Austerlitz ; dans ce discours il avait « avancé des propositions plutôt ultramontaines que conformes aux maximes de l'Église gallicane ». Après enquête, le maire constata qu'il avait pris comme texte de son discours : Rendez à César... ce que le ministre de la Police annote ainsi : « Il est assez singulier que la même question se traitât le même jour et dans le même sens a Angers » ; et plus loin il constate que l'expression du discours de Richard était analogue à celle d'Angers. Le préfet demandait des mesures ; on n'en prit aucune : Richard était ami intime de l'évèque de Rennes et a Paris « il voyait fréquemment et avec intimité l'épouse du général Cafarelli ».
On explique en général dans les écoles l'abrégé de l'histoire sacrée, Cornélius Nepos. Cicéron, etc., et autres ouvrages classiques. Dans aucune la jeunesse n'est occupée à l'étude de l'histoire glorieuse de la 4* dynastie. Les élèves, confiés aux soins exclusifs des prêtres, se forment aux préjugés, à l'intolérance, etc.
L'instruction publique dans les campagnes n'est pas dans un état plus satisfaisant. Le système des rétributions à payer • par les parents des élèves, mis en vigueur, occasionne de grands inconvénients 1 .