‹ La Réforme de l'Université Impériale en 1811Chapitre 70 sur 107 · MEURTHE · texte numérisé non relu

MEURTHE

La direction que l'on donne à la jeunesse, sans cesser d'être l'objet de la sollicitude particulière de M. le préfet, est, depuis l'organisation de l'Université, placée moins immédiatement sous sa surveillance.

Le lycée de Nancy, régi jusqu'alors uniquement par le proviseur, est maintenant sous la direction d'un recteur de l'Académie, qui réside dans cette ville. L'Université envoie fréquemment des inspecteurs généraux des études ; ces inspecteurs ont toujours paru satisfaits sous le rapport de l'instruction, des principes religieux et de l'administration intérieure. Cette opinion est aussi celle de M. le préfet et il n'a que des éloges à donner aux soins et aux principes du proviseur.

Une mesure adoptée par le grand-maître, pour la prochaine rentrée des études, paraît propre à donner une direction uniforme à l'enseignement. Cette mesure consiste à forcer tous les maîtres de pension à envoyer leurs élèves dans les lycées, ce qui les rendra plus florissants et plus nombreux.

On ne peut dissimuler à Son Excellence que la création de l'Université, et surtout la nomination d'un aussi grand

nombre d'individus, la plupart divisés jusqu'alors d'opinion, différents d'états et de principes, entraîne une sorte de fermentation sourde et peut donner lieu à des préventions que le temps calmera sans, doute, mais dont l'impartialité la plus soutenue peut seule arrêter l'effet et le danger ; ainsi, par exemple, dans le lycée de Nancy, le proviseur, homme connu par de grands talents au barreau, membre de plusieurs assemblées législatives et du tribunal de cassation, dévoué, ainsi que toute sa famille, à l'Empereur, a suivi la Révolution avec courage et sagesse ; le censeur, au contraire, est un prêtre rentré, placé encore sous la surveillance de la police et qui a suivi d'autres idées. Cette même différence se trouve dans les professeurs. Des deux inspecteurs généraux, l'un est également un prêtre émigré et l'autre un élève de l'École polytechnique. Il semblerait pourtant que l'équilibre est déjà rompu en quelque chose et qu'on aperçoit une tendance trop prononcée vers le clergé, qui paraît n'avoir pas perdu l'espoir de voir un jour l'instruction publique confiée uniquement à ses soins *.

Les collèges sont sous la surveillance immédiate de l'Université impériale. Les livres classiques dont on se sert dans ces établissements sont ceux adoptés par l'Université. Les principes qu'on y professe sont conformes à nos institutions. Les chefs et professeurs sont attachés au gouvernement et à la dynastie régnante .

• Des troubles s'étaient déjà produits au lycée de Nancy, en 1809, le préfet avait nettement pris parti pour le proviseur. F" H , 2945. La Restauration remplaça le proviseur. M. Mollevaut, par l'abbé Thibault; elle maintint cependant les deux inspecteurs généraux. Le conseil académique était ainsi composé : le recteur d'Regel. ancien chanoine de Langres, avait émigré; en Pologne, il fit l'éducation d'un comte et le commerce des pierreries; nommé, grâce au duc de Reggio, il avait de bonnes opinions ; l'inspecteur Delacour, ancien officier, ancien percepteur, dont les comptes n'étaient pas encore apurés, avait été nommé, grâce a l'appui de Sémonvillc; c'était un illettré; l'autre inspecteur, Spitz, était un ancien chanoine; enfin, le secrétaire, de Verain. « avait eu une jeunesse orageuse, avait servi dans la garde constitutionnelle de Louis XVI »; c'était un lettré. (F 7 , 8759, enquête de 1811 sur les conseils académiques.) D'Rcgel devint en 4816 recteur de Lyon. (Charléty, ouv. cité, p. 93.)

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