NORD
La direction donnée à l'enseignement paraît contraire à l'enseignement du Concordat.
Avant l'établissement de l'Université Impériale, il existait un prêtre qui donnait au collège de Lille des devoirs propres à détourner la jeunesse du service militaire. Il fut remplacé par l'abbé Ranc, qui tirait parti des auteurs latins pour faire chérir sa Majesté ; ce fut M. Poirette, excellent humaniste qui lui succéda; il crut devoir quitter. Un répétiteur fort habile, versé dans les sciences exactes, prêtre, rentré, fut établi près le collège; mais il n'eut point à se louer de la nouvelle impulsion donnée aux études.
Une circulaire du recteur de l'Université dispense les curés et les desservants de toute condition de capaçité, de toute rétribution pour leurs élèves, de tout diplôme. Cette mesure crée dans ce département 60 curés et 500 desservants maîtres de pension. Les premiers peuvent avoir 10 élèves et les seconds chacun 3. C'est plus qu'il n'en existe dans tous les établissements publics où le droit d'études est considérable. Ces o60 pensionnats privilégiés sont à l'abri de toute surveillance et dirigés par des hommes qui, par un faux devoir d'État, sont presque partout peu disposés à pré-
« Bulletin du 30 octobre (AFiv, 1511). — Petit séminaire à Nevers avec 7S élèves; en activité depuis le l or janvier 1809; ne reçoit pas seulement des élèves destinés à l'état ecclésiastique. (F 7 , 8369.)
parer la jeunesse à entrer dans les diverses parties du service de Sa Majesté 1 .
Le lycée de Douai a pour proviseur M. Duchateau, connu sous des rapports avantageux. Le sieur S., censeur des études ne jouit pas d'une bonne réputation. On assure qu'il a quitté Paris pour se soustraire à ses créanciers; il ne se conduit pas plus sagement à Douai ; les fonds destinés au service ont été détournés, il y a suppléé par des billets au porteur tirés sur des êtres imaginaires ; il cherche à nuire à ses supérieurs et à atténuer la sagesse de ses mesures (?), il flatte les élèves et favorise jusqu'à leurs défauts ; il s'est rendu l'opprobre du lycée et de l'Académie.
Il est difficile, par la tenue des établissements publics d'éducation et par le soin qu'on apporte à ne pas y laisser pénétrer les regards des magistrats, d'en suivre les professeurs, de connaître la nature de ce qu'ils font ou disent en faveur de la 4° dynastie.