‹ La réforme, de Luther à Shakespeare \Chapitre 1 sur 17 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

interruption des écrivains et des artistes supérieurs. Ramenant les esprits à l'antiquité comme à la mère de toute pensée et de toute poésie, l'Italie eut la mission de dissiper les ombres du Moyen-Age à la lumière, à la gaîté des tempos jeunes où la sagesse elle-même cliantait.

Ce retour à l'antiquité j^i'oduisit de Venise à Naples une magnifique éclosion de chefs- d'œuvre. Dans le Nord, l'intelligence en fut remuée beaucoup plus que l'imagination. On ne se contenta pas d'imiter de belles formes, on arbora des opinions militantes, on ébranla les doctrines et les dogmes ; les hellénistes, en retournant chez Platon ou chez Homère , s'arrêtèrent avec une curiosité redoutable sur le texte original du Nouveau- Testament. La Renaissance, en un mot, souleva la Réforme, qui devint l'idée maîtresse, l'âme et la vie de la période littéraire où nous allons entrer.

En effet, en ce siècle et demi qui s'étend depuis l'avènement de Luther jusqu'à la publication du « Paradis j)erdu d la Réforme est partout dans l'Eglise, hors de l'Eglise, avec elle ou contre elle ; la Réforme disloque la politique et crée en Europe deux classe d'Etats, les catholiques et les protestants ; la Réforme détache de l'unité romaine presque tous les pays du Nord où elle allume un foyer nouveau de pensée et de science. Partout où elle triomphe, elle

Page 1