‹ La Réforme du Bréviaire et du calendrierChapitre 3 sur 20 · VÊPRES · texte numérisé non relu

VÊPRES

Complies

TOTAL

Dimanche

Lundi

lOI lOI

io5

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

D'après ce parallèle, on voit à peu près quels sont les qualités et les défauts de ces deux psautiers.

En somme, ils s'inspirent l'un et l'autre, à un haut degré, de la tradition ancienne. Ils sont disposés de façon que tous les psaumes soient distribués dans les différentes heures du jour et de la nuit, et que tout le psautier soit récité dans la semaine. C'était le grand principe qui semblait dominer la question. Saint Benoît y insiste. Il serait malheureux, dit-il, que nous ne puissions pas psalmodier, dans le cours de la semaine, ce psautier que nos saints Pères, lisons-nous, récitaient bravement en un seul jour (i).

L'office de matines est, sauf exceptions, composé de douze psaumes. C'est aussi le nombre consacré, consacré, disait-on, par un miracle. Il y avait sur ce

(i) Quia niniis iiiers devotionis stiae servilitim ostendtint monachi, qui minus psalterio, cuin canticis coiisuetudinariis , per septintanae circuluni psallunt ; ciitn legantus sanctos Patres nostros inio die hor sirenue, itnplevisse quod nos tepidi iitinani septimana intégra persolvatnus. Régula, cap. xvill.

point des divergences dans les monastères d'Egypte. Les uns récitaient moins de douze psaumes à l'office de nuit (matines), les autres davantage ; on discutait là-dessus. Un certain jour, ou plutôt une certaine nuit, pendant que les moines étaient à matines, un lecteur vint chanter au milieu du choeur douze psaumes que l'on entremêla d'oraisons et d'antiennes, comme c'était la coutume. Après le douzième psaume, le chantre mystérieux disparut, sans qu'on l'ait jamais revu. D'où les vénérables Pères conclurent que c'était un ange envoyé du ciel, et que le nombre douze devait rester sacré (i).

Disposition à retenir, la série des psaumes de i à io8 exclusivement, sauf quelques exceptions, est réservée pour matines ; la série 109 à 147 est la série des vêpres ; quant aux trois derniers psaumes, ils sont consacrés à l'office de laudes. Tout ^cela est appuyé aussi sur d'anciennes traditions ecclésiastiques, établies sans doute dès le iv® siècle. Il en faut dire autant du choix de certains psaumes pour laudes, le psaume '^o^ Miserere mei Deus, les psaumes 92^ Dominus regnavit, 99* fubilate Deo, 62® Deus, Deus meus, 66® Deus misereatur nostri ; le 5® Verba mea auribiis percipe ; le 117® Confitemini Domino, etc., surtout des trois derniers psaumes Laudate Dominum de cœlis, Cantate Domino canticum novum, Laudate Dominum in sanctis ej'us , qui ont donné leur nom à l'office des laudes, appelé auparavant matutinum ou office du matin.

Enfin l'office de compiles est composé des psaumes 4, 3o, 90, i33, qui en font la plus admirable prière

(i) Migne, P. L., t. XLIX, col. 87, 88.

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du soir qui soit jamais montée de la terre vers Dieu le Père.

En somme le plus grand inconvénient de ce psautier romain, c'est la longueur de l'office des matines, si tant est que la longueur en matière de prière soit un inconvénient. II Y avait en tout cas des remèdes : abréger cette psalmodie, recourir par exemple à la division des psaumes ou à une nouvelle distribution. Soit qu'on n'osât pas toucher à ce vénérable monument, soit pour toute autre raison, on choisit un moyen qui devait donner des résultats déplorables ; on multiplia les offices doubles des saints dont l'office est composé de psaumes plus courts ; ils supplantèrent les psaumes de la férié ; enfin, dans le même but, on multiplia les offices votifs. Ce ne fut évidemment pas la seule raison qui fit adopter en si grand nombre les offices réduits. La dévotion aux saints y fut pour quelque chose. La considération de brièveté de l'office n'y fut cependant pas étrangère.

Mais alors on retombait dans un autre abus. Le grand principe de la récitation de tout le psautier dans la semaine n'était plus observé, et comme le plus grand nombre des saints du calendrier sont des confesseurs pontifes ou non ponltfes, certains psaumes étaient récités plusieurs fois par semaine et d'autres ne l'étaient presque jamais (r).

Telle était la situation devant laquelle se trouvait Pie X. II n'était pas le premier à s'apercevoir de ces inconvénients. Plusieurs prélats au concile du Vatican,

(i) Piacenza, Commentariutn, p. i6. Grospellier, dans le mémoire cité, constate ces faits curieux : en 1902 les psaumes du samedi à matines, à laudes et à vêpres, n'ont pas été récités une seule fois par le clerg-é romain ; ceux des autres fériés n'ont été obligatoires qu'une fois, trois. fois au plus dans l'année I

s'étaient fait les échos de plaintes proférées dans leurs diocèses, ou de vœux émis par leurs prêtres. Des liturgistes avaient fait les mêmes remarques. Mais tous ces efforts fussent sans doute restés stériles, comme il arrive souvent, si le Pape lui-même, qui n'était alors qu'un humble curé de paroisse, n'eût été frappé de ces anomalies du bréviaire et n'eût souhaité une réforme. Quel prophète aurait alors prédit au jeune prêtre qu'il serait quelques années plus tard le chef de l'Église et aurait en main tous les moyens d'opérer lui-même cette réforme I

La Constitution « Divino afflatu ».

La bulle que le Souverain Pontife vient de promulguer sous le titre : Divino afflatu, prendra rang parmi les fameuses constitutions liturgiques Quod a nobis, Cum in Ecclesia, Divinam psalmodiam des papes saint Pie V, Clément VIII, Urbain VIII^ ses prédécesseurs.

Nous sommes dispensés de la résumer puisque nous en donnons plus loin le texte complet et la traduction. On remarquera seulement que le Pape célèbre dans cette bulle la beauté des psaumes, leur caractère inspiré, leur excellence comme expression de la prière officielle de l'Église. Il constate, comme nous l'avons déjà montré, que ces psaumes qui devraient être, d'après la pensée des Pères, récités une fois par semaine, ne le sont plus en fait que rarement. De là, monotonie, qui, s'ajoutant à la longueur parfois démesurée des offices, appelait une réforme. Aux plaintes exprimées de divers côtés, surtout durant le Concile du Vatican, le Pape veut donner satisfaction en modifiant les règles delapsalmodie jusqu'alors en usage. Il abolit donc l'ancien psautier romain pour lui en substituer un nouveau. Enfin il annonce que cette réforme n'est qu'un premier pas dans la voie de la réforme du bréviaire et du missel.

Suivent les rubriques qui exposent les nouvelles règles pour la récitation de l'office divin et la célé-

bration de la messe. On peut dire qu'elles portent plus loin encore que la Bulle Divino afflatu, car elles mettent en jeu une série de principes liturgiques que nous allons nous efforcer de dégager dans le chapitre suivant. Nous donnerons aussi de ces rubriques le texte complet en appendice ; ces règles qui peuvent être appliquées dès aujourd'hui, entreront en vigueur au premier janvier 191 3.

Nous remarquerons simplement ici l'importance de cette initiative. C'est le Souverain Pontife lui-même qui proclame l'importance de l'office divin, et celle des psaumes qui en sont le fond. Il ne craint pas, pour leur rendre la place à laquelle ils ont droit, de prendre des mesures radicales.

Il attend de cette initiative les plus grands effets pour la sanctification des clercs, et pour celle de tout le peuple chrétien. Cette bulle à elle seule semblerait destinée à devenir le signal d'une renaissance liturgique, si ce mouvement n'était déjà dessiné partout. Elle ne fera que l'accélérer et lui donner une direction.

Les principes de la nouvelle Réforme.

Les principes dont s'inspire la nouvelle réforme se réduisent aux suivants :

1° Abréger les offices, surtout celui des matines ;

2° Arriver à faire réciter tout le psautier dans la semaine ;

3° Faire en sorte que les dimanches aient leur liturgie propre et ne soient pas supplantés par des fêles de saints ;

4° Agir de même pour certaines fériés ;

5° Maintenir contre les envahissements des lectures du commun, les lectures propres de la Sainte Ecriture.

Nous étudierons chacun de ces points. Disons dès maintenant qu'il n'y a qu'à louer dans l'adoption de ces principes qui sont, sauf peut-être le premier, conformes à l'esprit de la plus saine liturgie.

On a justement comparé le bréviaire à une de ces antiques basiliques, dont la nef principale représenterait le propre du temps. A l'entour, dans le cours des siècles, et sans beaucoup d'ordre, on a construit de petites chapelles, qui de plus en plus attirent l'attention et empêchent de considérer les proportions et la grandeur de la grande nef ; c'est le satictdral ou propre des saints et commun des saints. Pie X a voulu rétablir les choses dans l'ordre. La grande nef, déblayée, restaurée, a été rendue au culte liturgique.

Le culte des saints a été relégué dans les chapelles privées, où il est à sa vraie place. Telle est, en gros, l'oeuvre de la dernière réforme.

1° Réduction de la longueur de l'office.

Comment est-on arrivé à décharger l'office des matines ? De deux façons. La première en appliquant aux psaumes le procédé de division dont saint Benoît avait usé, et dont le psautier romain donnait lui-même deux exemples, dans le psaume iiS® et dans le 3o^. Ce principe même a été poussé beaucoup plus loin que dans la règle bénédictine, qui ne divise les psaumes qu'en deux parties, quelle qu'en soit la longueur. Les correcteurs romains ont été plus radicaux, ou si l'on veut, plus logiques. Certains psaumes sont divisés en trois, quatre ou même six parties, comme on le verra dans le tableau synoptique que nous publions. Le principe est que chaque tronçon ne doit pas avoir plus de i5 à 20 versets.

Nous ne pouvons que louer ce travail fait avec beaucoup d'ordre et de méthode. Quelques-uns regretteront peut-être la réduction du nombre des psaumes de 12 à 9 pour matines; comme on l'a vu plus haut, le nombre 12 était consacré dans l'Eglise latine et même dans celle d'Orient depuis plus de quinze siècles et nous venait en droite ligne de ces saints moines de la Thébaïde. Ne pouvant imiter leurs mortifications et leur vie sainte, nous avions gardé la tradition de leurs douze psaumes de nuit. C'était une consolation. De ce regret, s'il existe chez quelques amis du passé, on se consolera en consta-

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tant l'application d'un autre principe qui se réclame d'une origine au moins aussi vénérable, l'intégrité du psautier dans la semaine (i).

2° L'intégrité du psautier dans la semaine.

Nous avons vu combien, par suite de l'envahissement du calendrier par les saints, on était loin de compte. C'est à peine si, durant certaines semaines, on récitait le tiers ou le quart du Psautier. Certains psaumes n'étaient pas récités une fois par an, d'autres l'étaient, par compensation, six ou sept fois par semaine (2). Or les psaumes sont, de l'aveu de tous les Liturgistes, et même des profanes, l'expression la plus élevée de la prière. Le Psautier, c'est un admirable recueil d'oraisons, un arsenal de flèches jaculatoires, aurait dit Huysmans. Or ce bazar de pieuses aspirations, que le romancier se lamentait de voir presque fermé pour le prêtre, les portes en sont aujourd'hui rouvertes à deux battants.

Mais ce qui paraîtra plus extraordinaire, c'est qu'on soit arrivé à ce résultat, sans supprimer un seul office de saint. C'est ce qu'un spirituelliturgiste appelle une solution élégante. Peut-être mérite-t-elle un autre nom. Jusqu'ici les psaumes du jour ne se disaient qu'à l'office de la férié. Tout office de saint, de degré double ou même semi-double, entraînait des psaumes propres aux saints qui supprimaient ceux du jour. Il semblait donc qu'il n'y eût qu'un moyen de revenir aux psaumes de la férié, supprimer les offices des

(i) Notons aussi que l'ancien office romain s'écartait souvent de la règle des 12 psaumes à matines, et n'en avait que 9 à certains jours. (2) Voir plus haut, l'exemple typique cité par Grospellier.

saints. C'est devant cette extrémité qu'avaient hésité jusqu'ici les réformateurs anciens, désireux, comme ceux d'aujourd'hui, de revenir aux psaumes de la férié.

Chose curieuse ! Les nouveaux réformateurs qui ont fait preuve de tant de hardiesse sur d'autres points, se sont, sur celui-ci, montrés plutôt timides. Ils n'ont pas osé toucher aux saints. Ils ont pris un moyen terme, adopté une solution hybride : garder l'office du saint, remplacer les psaumes du commun par ceux de la férié. C'est, dit le chanoine Callevaert, un accroc au principe qui veut que la messe soit d'accord avec l'office (i). Selon nous, c'est surtout un compromis, car cette nouveauté liturgique qui étonne au premier aspect, pourrait se justifier par des usages anciens (2).

Comme cette première réforme n'est que provisoire, comme les reviseurs eux-mêmes semblent laisser entrevoir la possibilité d'une retouche ultérieure du calendrier, nous nous permettrons d'émettre humblement notre avis.

Tout d'abord cette « solution élégante » laisse subsister un gros inconvénient. Si la fête du saint, d'après les nouveaux règlements, n'évince plus les psaumes de la férié, elle nous enlève la messe de férié. Voilà que pour la messe nous retombons dans les communs, c'est-à-dire dans V Os justi, dans le Justus ut palma, dans le Statuit ei Dominus, que l'on répétera peut-être cent fois ou deux cents fois dans

(i) La réforme du bréviaire, Bruges 1912.

(2) Quelques-uns veulent même qu'on interprète eu ce seus les dispositions du chap. XIV de la règle de saint Benoît.

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l'année I Le but du Saint-Père qui voulait mettre de la variété dans l'office, n'est donc pas atteint sur ce point. Nous sommes en pleine monotonie.

La solution, dira-t-on ? Il y en a deux. La première serait de réduire un bon nombre de saints à la condition de simples, en maintenant la messe de férié pour ces jours-là. Du coup la récitation des psaumes de férié deviendrait absolument normale.

L'autre solution, beaucoup plus radicale, consisterait àretrancher purement et simplement du calendrier un bon nombre de saints, cent ou cent cinquante par exemple, tout en réduisant un certain nombre au rang des simples, comme ci-dessus.

C'est ce qu'indique la logique, et nous ne doutons pas qu'on n'y vienne un jour. Mgr Piacenza, dans le commentaire très autorisé qu'il a publié sur la question, nous laisse prévoir cette solution (i).

Entendons-nous bien. Qu'on ne nous accuse pas d'être un dénicheur de saints. II ne s'agit pas de les chasser du paradis ; au sujet de certains projets de ce genre, on a parlé d'un massacre des innocents. On ne veut ici massacrer personne. Qui oserait prétendre que nos Pères du iv^, du v®, du vi*^ siècle, n'avaient pas la dévotion des saints, au moins autant que nous l'avons aujourd'hui ? Qu'on étudie cependant la liturgie de cette époque. Le calendrier des saints, honorés d'un office, se réduit à quelques douzaines de noms. On célébra d'abord à peu près exclusivement la fête des martyrs ; les confesseurs suivirent bientôt. Mais ce fut le très petit nombre qui, pendant longtemps, eut

(l) Jn constitutionetn Divino afflatit, coinnientariuTtt, (Ephém, liturg., i3 jan. 1912). Voyez notamment, p. 20, 27, 140.

son nom au calendrier. C'est surtout dans les derniers siècles que le nombre de ces offices est allé se multipliant, de telle sorte que l'office du temps a presque complètement disparu sous cette végétation luxuriante. Or, on ne peut pas dire que cet accroissement ait été en raison directe de la vénération professée à l'égard des saints. Ce sont deux choses bien différentes en réalité que d'honorer un saint ou de lui donner un office. Il y a des saints qui sont l'objet d'un culte et qui n'ont pas encore, ou n'ont eu que très tard, une place au bréviaire. Comme il en est d'autres, en grand nombre, qui ont un office et dont le culte est à peu près nul.

Rien n'empêchera les diocèses qui honorent un saint d'un culte local d'en demander l'office pour le propre du diocèse. Précisément une des causes du désordre que tout le monde déplore, c'est que des saints qui n'avaient qu'un culte local, à Rome ou ailleurs, qui n'avaient droit qu'à une place au propre de leur diocèse, ont été portés sur le calendrier de l'Eglise universelle.

Nul ne niera qu'au moyen âge on n'ait eu une grande dévotion aux saints. On lisait les vies des saints, on faisait de grands pèlerinages à leurs tombeaux, on obtenait d'eux des miracles. C'est de cette façon que se traduisait surtout la piété populaire. Les saints n'en étaient pas moins honorés, mais l'année liturgique gardait sa physionomie.

3° Sauvegarder les dimanches.

Le dimanche dans la liturgie joue un rôle capital. Il est le pivot de la ^,s^i5«iin€r»^Jl donne en quelque

sorte le ton à tous les autres jours. Quand on célèbre le dimanche de la Septuagésime, par exemple, ou le dimanche Lœtare, ou celui de la Passion, on sait fort bien que tous les jours de la semaine auront le même caractère que le dimanche et puisque nous sommes en liturgie, nous pouvons dire, sans jouer sur les mots, qu'il donnera à la semaine sa couleur ; on dira couramment la semaine de la Septuagésime, la semaine Lœtare, la semaine de la Passion. Ainsi pour toute l'année. Presque chaque dimanche a son caractère, il est doté d'une liturgie complète. Tan dis, par exemple, que les semaines après l'Epiphanie ou après la Pentecôte n'ont pour chaque jour d'autre liturgie que celle du dimanche, le dimanche a une messe complète, Introït, collecte, épitre, évangile, etc. Il en est de même pour l'office des heures du jour et de la nuit.

Rien d'étonnant à cela, quand on sait le rôle prépondérant qu'a joué le dimanche dans la formation de l'année liturgique. Il en est le squelette, l'armature. Il a gardé ce caractère, qu'il a eu dès le temps des apôtres, d'être le jour liturgique par excellence.

Or la multiplication des saints avait causé cet autre désordre, c'est que le dimanche disparaissait la plupart du temps devant une fête de saint ; il était évincé par un simple double I C'est tout au plus s'il conservait une maigre commémoraison avec la lecture d'un dernier évangile.

Les reviseurs ont rendu au dimanche son ancienne valeur. Par une série de mesures assez simples, ils lui ont à peu près restitué sa place. Leur entreprise n'aurait-elle pas eu d'autre résultat, il faudrait s'en féliciter

hautement. (Tit. III, i, 2, et. tit. iv, 3 Tit. v, i, 2; VI, 3, X, I.)

Cette nouvelle disposition a aussi ses conséquences pour le développement de la piété chrétienne. Le peuple aura son dimanche ; au lieu du perpétuel OsjiisH, oMjustus ut palma, qui le déroutait et le fatiguait,il faudra qu'il reprenne l'habitude des dimanches du temps ; il faudra qu'on lui en explique la liturgie, qu'on lui commente les épîtres ou les évangiles de ces dimanches (i). On verra bientôt l'intérêt que prendront les fidèles à l'office dans les paroisses où l'on se sera donné la peine de les initier à l'esprit du temps.

4° Maintien des fériés.

Un traitement d'exception est fait aussi aux fériés du Carême, des Quatre-temps, au lundi des Rogations, aux vigiles. On pourra ces jours-là dire la messe de férié, même en l'occurrence d'une fête double (à l'exception d'une fête de i''® ou de 2® classe). Tit. x. Ces jours-là, sont prohibées les messes de Requiem et les messes votives privées.

Toujours le même souci de donner à l'office du temps plus de relief, de rendre la nef priîici pale à sa destination, en reléguant le culte sanctoral dans les chapelles latérales. Rien de plus juste. Q,qs fériés, on le voit encore dans nos missels et nos bréviaires par les vestiges liturgiques qu'elles ont conservés, avaient une importance capitale dans le culte de nos Pères et

(1) Autre inconséquence dans l'ancien système. L'épître et l'é\ang^ile lus à la messe du prône, et d'ordinaire commentés, n'étaient pas l'épître et l'évangile de la fête que l'on célébrait, mais ceux du dimanche dont on ne faisait pas l'office.

pour cause. Leur liturgie est pleine d'enseignements. C'était pitié de les voir supprimées par une messe Os j'usiide semi-double. Quelques-uns pourront trouver que ce n'est encore qu'un timide essai de restitution d'une tardive justice. Dans les circonstances actuelles, c'est beaucoup. C'est la preuve d'une orientation toute nouvelle dans les choses de la liturgie. Que n'y auraitil pas à dire sur ces vigiles, sur ces fériés stationales ou sur ces fériés des Quatre-temps, si c'était le lieu de se livrer à des considérations historiques ! Quels souvenirs n'éveille pas le nom seul de la station marqué au commencement de la messe : station à Saint-Pierre du Vatican, à Saint-Paul-hors-les-Murs,àSainte-Sabine, à Sainte-Croix de Jérusalem, à Saint-Jean-de-Latran, à Saint- Laurent in Damaso, à Sainte-Marie-du-Transtévère, à Sainte-Balbine, à Sainte-Pudentienne. C'est la Rome chrétienne avec ses vieilles basiliques, avec ses plus modestes mais toujours vénérables églises, dont quelques-unes remontent jusqu'au v® siècle et au delà, qui ressuscite sous nos yeux avec tous ses vieux souvenirs. Quel est le fidèle dont Rome n'est pas la capitale, et qui, par conséquent, ne doive s'intéresser à son histoire et à sa topographie I Si ce n'était pas au nom de la liturgie, c'est au nom de l'histoire qu'il faudrait remercier Pie X de ramener à ses origines l'Eglise du xx^ siècle.

5° L! Ecriture occurrente.

On accordera aux reviseurs les mêmes éloges pour avoir maintenu la lecture de l'Ecriture occurrente, et banni dans une large mesure, celle du commun qui revenait à satiété.

Lorsque sur \Ordo se rencontre la mention Scriptura occurrens, cela signifie que l'on doit aller chercher la leçon assignée pour chaque jour dans le propre du temps.

On sait que l'Eglise a distribué la Bible, dans le courant de l'année, de façon que chaque jour possède quelque extrait de l'Ancien ou du Nouveau Testament, et ainsi, au bout de l'année, le saint Livre, au moins dans ses portions principales, aura passé sous les yeux de ceux qui récitent l'Office.

Cette distribution n'a pas été faite au hasard. L'Eglise, autant qu'il était possible, a choisi pour chaque époque liturgique la lecture scripturaire qui convenait le mieux. Il y a donc si je puis me servir de ce terme, une bible liturgique, adaptée à chacune des fêtes ou des époques de l'année et qui donne à ces extraits une signification particulière. Nul doute, par exemple, que la lecture d'Isaïe dans le temps de l' Avent ne mette ces extraits du livre prophétique en un singulier relief. D'autres passages de la prophétie d'Isaïe et de celle de Jérémie sont admirablement choisis pour les derniers jours de la semaine sainte. Lorsque l'Eglise pour les fêtes de la Sainte Vierge nous fait lire ces admirables passages des livres sapientiaux : Ab initio et ante sœcula creata sum et usque ad futurum sœculum non desinam... Dotninus possedit me in initio viarum siiarum, antequam quidquam faceret a principio... n'y voyons-nous pas, du premier coup, une application de la prophétie à Marie ?

C'est donc un haut enseignement doctrinal que l'Eglise met ainsi sous les yeux de ceux qui ont à réciter chaque jour l'office divin. C'est une méditation

aussi bien qu'une leçon de théologie. Ici encore le Saint-Père montre qu'il a conscience de la vertu de la liturgie. Il donne une orientation à la formation des clercs, une indication qui frappera tous ceux, il faut l'espérer, qui étaient restés sourds jusqu'ici à l'appel des liturgistes.

Voici le schéma des lectures de la Bible, telle qu'elle est établie depuis des siècles. Aucun changement n'a été fait par les modernes reviseurs, aucun, semble-t-il, n'est à faire. Il suffit que ces lectures aient été remises en honneur.

Lectures de l'Office.

Avent . Lectures d'Isaïe et de saint

Paul.

Noël, Epiphanie Lectures de saint Paul dans

cet ordre très ancien : épîtres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Thessaloniciens, à Timothée, à Tite, à Philémon, aux Hébreux.

Septuag., Carême.. . La Genèse et les autres livres

du Pentateuque.

Passion Jérémie.

Pâques et le Temps

Pascal Actes des Apôtres, Apocalypse, épîtres de saint Jacques, de saint Pierre, de saint Jean.

Temps après la Pentecôte Livres des Rois.

Lectures du mois

d'août Proverbes, Ecclésiaste, Sagesse, Ecclésiastique.

Lectures deseptemb. Job, Tobie, Judith, Esther. Lectures d'octobre . . Livres des Machabées. Lectures de novembre Ezéchiel, Daniel, les douze

petits prophètes.

Lectures de la Messe.

Avent, Noël, Epiphanie, Septuagésime. Epîtres de saint Paul.

Carême Saint Paul, Isaïe, Ezéchiel,

Rois, Esther, Pentateuque, Jonas, Daniel, etc.

Pâques Actes des Apôtres.

Temps pascal Epîtres de saint Jean, de saint

Pierre, de saint Jacques.

Temps après la Pentecôte Saint Paul.

Le nouveau psautier: — Sa disposition.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire la disposition du nouveau psautier. On n'aura qu'à se reporter aux tableaux ci-joints. On y trouvera, selon les jours de la semaine, le nombre et le numéro des psaumes pour matines, laudes, et pour les heures du jour.

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