‹ La Réforme du Bréviaire et du calendrierChapitre 2 sur 20 · PSAUMES OMIS · texte numérisé non relu

PSAUMES OMIS

117 et ni

a). Ajouter pour les jours de semaine le Ps 5o aux prières de Vêpres.

Psaumes de Compiles du Bréviaire romain avant 191 1, invariablement les mêmes pour tous les jours de l'année, donnant un total de versets 40. Ps. 4, 3o (six premiers versets), 90, i33. Nunc dimittis.

Tableau récapitulatif, donnant le nombre total de versets à réciter pour chaque jour de la semaine, d'après le Bréviaire romain avant 1911.

Jours de la semaine

Dimanche 269

Lundi 254

Mardi I 207

Mercredi igS

Jeudi i 3oi

Vendredi \ 208

Samedi 29g

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Ajouter à ce total le Ps. 94, soit 11 versets, récité chaque jour à l'invitatoire de Matines.

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Défauts et qualités de l'ancien psautier.

Par un simple coup d'œil sur ces tableaux, et surtout par l'usage quotidien du bréviaire, on s'aperçoit vite que ce psautier, tout respectable qu'il est par ses origines, et, par cela même qu'il remonte à une époque si reculée, où les questions pratiques en cette matière étaient considérées comme fort secondaires, manque de plusieurs qualités, notamment de brièveté, d'équilibre et de variété.

Le dimanche, dix-huit psaumes à réciter au seul office de matines, sept à laudes, et quelques-uns fort longs 1 ! Avec les leçons et les répons, si la récitation e st faite posément, cela suppose presque une heure, davantage encore s'il s'agit de la psalmodie au chœur.

Les autres jours, douze psaumes à matines. Mais quelques-uns de ces psaumes étant fort longs, certains jours, le samedi par exemple, cet office est presque le double de celui du mardi (i).

Le psaume ii8 est récité chaque jour par divisions de deux octonaires ou i6 versets, à prime et auxpetites heures. Quoique le psaume en lui-même soit fort beau, les heures du jour, par suite de cette répétition quotidienne, manquent de variété. L'heure de

(i) D'où cette plaisanterie, d'un goût douteux, qui avait cours dans toua les presbytères : feria secundo, feria secanda ; feria tertia, feria trita , feria quaria, feria czirta ; feria quittia, feria quanta ; feria sexta feria sec ta ; Sabbato, Oh I

prime ne présente aucun caractère tranché ; les psaumes 21-25 n'y ont été rattachés que tardivement, on ne voit pas dans quel but, si ce n'est de décharger les matines auxquelles ils appartenaient d'abord.

Saint Benoît garda quelques-unes des dispositions du psautier romain, mais y apporta de nombreuses modifications, qui sont en général, pourquoi ne pas le dire, des perfectionnements. Sur quelques points, au contraire, ses changements nous paraissent moins heureux.

Ce qui distingue le psautier bénédictin, c'est la variété et l'habile équilibre de toutes les heures. Les matines ont douze psaumes, comme les matines romaines de la semaine, mais la distribution en est si bien faite qu'en somme l'office est à peu près d'égale longueur chaque jour; les différences d'un jour à l'autre sont presque insignifiantes.

Saint Benoît est arrivé à ce résultat par un procédé bien simple, la division des psaumes, que le psautier romain ignore, sauf pour le psaume ii8 que sa longueur ne permettait pas de réciter d'un seul trait (i). Ainsi les psaumes plus longs sont divisés en deux, ce qui rétablit l'équilibre. Ce système a cependant ses inconvénients. Pour tels psaumes, le ix* et le xvii^, par exemple, la moitié du psaume est récitée à un office ; c'est le lendemain seulement que le second tronçon pourra être rejoint au premier. Il semble que l'unité du psaume réclamait qu'il fût récité tout entier, divisé ou non, à la même heure. Ce cas, il faut

(i) Le ps. 3o' de compiles est une autre exception. Mais il n'est pas sûr que complies fit partie du psautier romain primitif.

l'avouer, ne se présente que trois fois dans le psautier bénédictin (i).

Sur un autre point, je serais tenté de critiquer encore la disposition bénédictine. Les psaumes de I à 19 sont récités à prime, qui n'est qu'une heure secondaire. L'usage voulait jusqu'alors que le psautier fût commencé à matines qui est l'heure principale de l'office, et aux matines du dimanche. C'est ce qui est observé dans le psautier romain dont les matines du dimanche commencent par le psaume i en continuant ainsi la série toute la semaine. Chez saint Benoit, les matines du dimanche débutent par le psaume 20®. Il faudra attendre jusqu'au lundi à prime pour avoir le psaume i®"".

Ces critiques paraîtront peut-être un peu minutieuses. Mais elles nous permettront de louer sans réserve les qualités de la disposition bénédictine que tous les successeurs de saint Benoît ont religieusement conservée, encore qu'il les eût modestement invités à modifier cet arrangement s'ils en trouvaient un meilleur (2).

Ce qu'il faut surtout admirer chez saint Benoît, ce sont les petites heures. Il est resté fidèle au nombre des trois psaumes à chacune de ces heures, qui est le nombre consacré par la tradition la plus autorisée. Le psaume 118'' ne se récite plus qu'aux petites heures du dimanche et du lundi en octonaires de trois par heures, sauf le dimanche à prime.

(1) La division du psaume io6 n'est pas conforme au sens du psaume. Le partage serait préférable au verset 20 ou au verset io.

(2) ffoc prœciptie comtnonentes, jit si citi forte luxe djstribittio psalntorum displicnerit, ordinet, si melius aliter jitdicaverit. Régula S. Benedicti, cap. xvlil. Cela prouve au moins la grande liberté qui régnait alors pour la distribution des psaumes.

Pour les petites heures du jour, que saint Benoît veut très courtes, à cause des travaux de la journée, il choisit les très courts et admirables psaumes graduels, de I ig à 127, et, du coup, ces heures l'emportent sur les romaines de l'ancien psautier en brièveté et en variété.

Pour les laudes, saint Benoît adopte, comme la liturgie romaine, cinq psaumes (les trois derniers psaumes sous une seule doxologie comptant pour un). Il adopte aussi à chaque jour pour laudes le même cantique que l'Eglise romaine, ce qui est un usage bien caractéristique dans cette liturgie (i). Les psaumes des laudes ne suivent pas l'ordre numérique du psautier comme ceux des matines qui vont du psaume i®"" au psaume 108®, presque sans interruption (pour saint Benoît du psaume 20® au psaume 108®). Ils sont choisis parmi ceux qui conviennent le mieux à cette heure matinale, soit parce qu'il y est fait mention du lever du soleil, ou qu'on y trouve une allusion à la résurrection du Sauveur, qui eut lieu au lever du soleil. Ce sont donc des psaumes prophétiques et symboliques, dont le choix donne à celte heure une singulière beauté.

Voici le tableau synoptique de l'office bénédictin :

(i) Voici les termes mêmes de saint Benoît : Nain ceieris diebus (hebdomadis) canticum ununtqnodque die suo ex Prophetis, sicut psallit Ecclesia Roinana, dicatur. Régula S. Benedicti, cap. , xill. C'est une nouvelle preuve qu'il a sous les yeux le psautier de l'Eglise romaine.

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