REMARQUES
1) Je crois que c'est plutôt l'équinoxe d'automne qu'il faut lire.
2) Kouba est une dépendance de Ferghana dans le Khanat de Khokand dans l'Asie centrale.
3) Je n'ai rien pu trouver sur ce nom, je crois qu'il faut lire Bokhâra.
4) Habitants de l'ancien Thamoûd, au Nord de Médine.
5) Le lier Nîroûz ou Nevroûz Royal est l'équinoxe de printemps, jour de l'entrée du soleil dans le signe du Bélier.
6) Le second Niroûz, mentionné dans les Calendriers sous le nom ,. Nevroûz du Chah Khârezm" est le 19ième jour après le lier Nevroûz (Nevroûz Royal). C'était un jour de fête chez les anciens adorateurs de feu, auquel il était d'habitude de manger de sucreries et d'échanger des cadeaux.
7) Je n'ai pu savoir exactement quelle est la branche de la grande race turque, que l'auteur a voulu désigner ici par le mot „ Turcs." 11 y a pourtant des raisons suffisantes à supposer qu'il s'agit ici des Turcs de Khataî, vaste pays dans le Nord du Tibet, dépendant de la Chine, et des Turcs Ouîghours, habitants du Tiénchan qui est aussi une dépendance de la Chine, située au Nord de Khataî et limitrophe de la Russie. Les Turcs de Khataî et les Ouîghours divisent le jour en 10,000 Feniks, ou 96 Guehs ou 12 Tchaghs, qui serait à peu près analogue à une division du jour en 1440 minutes, ou 96 quarts d'heures ou 24 heures, puisqu'un Tchagh est deux heures, un Gueh un quart d'heure et un Fenik 8,64 secondes. Leur jour commence à minuit, à la demie du lier Tchagh et dure jusqu'au minuit suivant. Les mots indiqués par Biroûni dans cette colonne comme noms de mois, sont en vérité les noms des Tchaghs ches les Turcs Ouîghours, qui
sont différents de ceux des Turcs de Khataï. Oulough Bey dans la préface de ses tables chronologiques donne leurs noms ainsi: Keskou (chèvre), Ot (taureau), Pars (panthère), Lou ou Louy (crocodile) , Yilan (serpent) , Yount (cheval) , Koy (mouton), Bidjen (singe), Dakouk (poule), It (chien), Tounkouz (cochon). Oulough Bey et Elbiroûnî diffèrent donc seulement au premier nom qui est Ketchkou ou Keskou (chèvre) chez le premier et Sytchkan (souris) chez le dernier. Tous ces noms sont du reste, comme on voit, des noms d'animaux. D'après d'autres auteurs, ce sont les noms des douze années qui composent le cycle Turc-ouîghour.
8) Digistân est le nom arabe de la province persane Sîstân, située entre l'Afghanistan et le Beloudjistân.
9) Soghd (la Sogdiane des anciens) est le nom d'un pays dans l'Asie centrale; Samarkand y est situé.
10) Khârezm est aujourd'hui le Khanat de Khiwa dans l'Asie centrale près du lac Aral.
11) Le titre placé sur ces deux colonnes, ne s'applique en vérité qu'aux Coptes et même dans ce cas il devrait être conçu ainsi: L'année qui suit une année bissextile commence le 30 et celle qui suit une année commune, commence le 29 Ab.
12) Par Occidentaux sont désignés les Européens qui commencent leur année le lier Janvier et non le lier Mai comme il est dit erronément dans la Table.
13) On voit tout de suite que les noms contenus dans cette colonne se composent des adjectifs ordinaux turcs lier, 2e etc. et du mot „ay" (mois). Selon Abou Reihân, le nom du lier mois était „Oulough" (le grand) et celui du 2e „Kutchuk" (le petit); quant aux autres il déclare les avoir écrit selon leur prononciation qui est à peu près la même qu'aujourdhui ; la confusion dans l'ordre arithmétique provient probablement
de ce que l'auteur ne connaissait le turc que très imparfaitement, — ce qu'il avoue du reste lui-même — ou bien des erreurs des copistes.
14) Cette colonne que j'ai ajoutée à celles données par Bîrounî, contient les noms des mois Turcs Ouîghours selon le manuscrit même du fameux Oulough Bey. Celui-ci, astronome distingué, était le petit fils de Timour Lengh, roi de Samarkand. Il est mort en 854 (lun. H.) Seulement le premier et le dernier de ses mois ont des noms propres, tous les autres sont désignés par les adjectifs ordinaux comme chez Abu Reîhan, seulement l'ordre arithmétique ici est parfaitement maintenu. On voit que les mois des Seleucides manquent dans la table de Bîrounî qui contient 18 différentes espèces de mois; l'auteur les a probablement omis à cause de leur identité avec les mois syriens. Pour s'expliquer les grandes mutilations que le texte de Bîrounî a évidemment subies, et dont les variantes ont été si soigneusement comparées par le Dr. Sachau, il ne faut pas oublier qu'outre les difficultés générales dans la lecture de ces vieux manuscrits, il y avait ici encore une difficulté tout spéciale tant pour Bîrounî que pour les copistes après lui, celle de transcrire des mots d'une langue (le turc) qu' ils ne comprenaient que très imparfaitement ou pas du tout.
Les ères établies postérieurement à Bîrounî ne dépassent guère le nombre de trois:
La première est l'ère Djélaléenne, nommée ainsi d'après son fondateur le sultan Seldjoucide Djelâl eddine Melek Chah; elle fut instituée en 471 (lun. H.) par un conseil de 8 savants, comme Omar el Khayyam, Abdurrahmân el Khâzin et autres; les Perses la suivent encore de nos jours. Elle commence le jour de Nevroûz, jour de l'entrée, du soleil dans le signe du Bélier et se compose de 12 mois qui
portent les noms des anciens mois persans dont ils sont distingués par l'addition du mot „Djélaléen"; chaque mois a 30 jours; 5 jours épagomènes sont ajoutés à la fin de l'année commune et 6 à la fin des bissextiles. Chaque 4e année, 7 fois de suite, et la 5e année pour la 8e fois sont des bissextiles. Cette ère a commencé Vendredi le 9 Ramadhân 471 (lun. H.), le 30 III Automnal 457 (sol. H.) et le 15 Mars 1079 (après J. Chr.).
La deuxième n'est pas précisément une nouvelle ère, mais plutôt la réforme d'une ère qui existait déjà. C'est le Calendrier reformé des anciens Romains, dont les années n'avaient commencé à être comptées comme années de J. Chr. que seulement 325 ans après sa naissance. (Voyez sur cette réforme §§ 116 etc. de mon „Riaz-i-Moukhtâr" où elle est amplement traitée).
La troisième enfin est l'année financière et civile ottomane actuelle (année Malié), dont la nature, ainsi que l'histoire de sa naissance qui est assez peu connue fait l'objet du chapitre suivant.