‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 103 sur 470 · Pâques tombait cette année le 21 avril · texte numérisé non relu

Pâques tombait cette année le 21 avril

COMMENT SE RÉPANDIT LA RÉFORME

événements qui suivirent, le sac de la ville, la captivité du pape, sa retraite à Orvieto, empêchèrent qu'il ne fût examiné; le 13 juillet de Tannée suivante (1528), Clément VII adressait enfin un bref à l'évéque de Brescia lui prescrivant d'informer contre le moine; l'enquête se fit lentement; Pallavicino prêchait en Piémont ; un prélat au service de la Maison de Savoie, Giacomo de Lanceo*, se rendit à Chieri pour l'entendre. « Ayant appris, écrivait-il à la date du 2 décembre 1528, qu'un frère carme, Battista Pallavicino, prêchait la loi luthérienne avec véhémence à Chieri et attirait un grand concours d'auditeurs, je me suis rendu exprès dans cette ville et j'ai constaté qu'en réalité il semait la zizanie et soutenait des proposilions qu'il a rédigées sous la forme suivante, en leur donnant pour titre : Conclusions du vrai chrétien, Jean-Baptiste Pallavicino :

Toute écriture el tradition humaine le cède à l'Écriture suinte; L'Écriture sainte est celle-là même qui est contenue dans la

Bible; Nulle Église ne peut statuer contre la loi du Christ; Les traditions humaines ne doivent être reçues qu'autant

qu'elles sont confirmées par lÉcriture sainte ; Nous ne sommes pas sauvés par les œuvres mais par la foi; Les œuvres sont un témoignage de la foi et la foi n'est pas

témoignée par les «euvres ;

1. Giacomo de Lanceo était chargé de recueillir les dîmes dans le duché de Savoie et aussi de percevoir les saisies faites au nom du tribunal ecclésiastique et dont le montant était consacré à la lutte contre l'hérésie; il fut proposé en 1551 comme dataire au cardinal légat de Savoie.

PALLAVICINO

est contraire à la foi chrétienne de prier les élus d'intercéder pour nous;

Il est contraire à la foi chrétienne d'accepter le purgatoire;

Ceux qui ne vivent pas selon les préceptes du Christ ne croient pas en lui;

Ceux qui sont infidèles ne sauraient constituer l'Église catholique ;

Nous ne devons obéir qu'à l'Eglise catholique.

Lanceo avait même réussi à se procurer une déclaration signée de sa main, « fort éloquente », écrit-il, dans laquelle il disait : « Dieu tout-puissant ayant eu pitié de nous, la vérité éblouissante est apparue du ciel après avoir été obscurcie et cachée pendant tant de siècles par les vains raisonnements des hommes; le sacro-saint évangile du Christ sauveur presque éteint par les doctrines des sophistes vit de nouveau; les astres se réjouissent, la terre exulte, les peuples sont dans la joie et le Créateur est glorifié... »

Ces documents furent envoyés à Rome par Tintermédiaire du cardinal del Monte; Lanceo ajoutait que si quelques gentilshommes n'avaient pas menacé Pallavicino de le lapider, ce qui l'obligea à s'enfuir, il aurait perverti toute la population. Mais il ne s'était guère éloigné et prêchait à Casai.

Le résultat de cette dénonciation ne se fit pas attendre, si même la mesure prise par le Saint- Siège n'avait pas été déjà décidée; le 16 décembre 1528, c'est-à-dire quatorze jours plus tard, l'inquisiteur général de Savoie recevait l'ordre de s emparer du prédicateur et s'il était reconnu coupable,

Ji

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de le condamner à la peine qu'il voudrait ^ Futil effectivement arrêté ; c'est probable car, à la date du 2ï décembre 1529, le nonce en Savoie, Pietro de Gazini, évêque d'Aoste, est chargé d'examiner une liste de suspects fournie par Pallavicino et de l'interroger sous la foi du serment-; il est vrai qu'il est dit dans le texte que l'évêque devra a le convoquer ». Comment convoquerait-on un captif? Mais alors il faudrait admettre qu'il s'était fait dénonciateur pour être épargné et le reste de sa vie le montre, au contraire, résolu et droit.

Quoi qu'il en soit, il reprit bientôt le cours de ses prédications ; cette fois ce fut en Vénctie, où la liberté était plus grande, qu'il alla répandre ses idées; eu 1533, le pape Clément VII, alors à Marseille, écrivait à Aleandro de veiller « sur les menées du frère Pallavicino qui, depuis des années, faisait à Venise des sermons entachés d'hérésie et, dans ses conversations privées, parlait du Saint- Siège avec une coupable liberté-' ».

Cette même année, Pallavicino, étant à Modène, imagina d'annoncer que saint Geminiano, patron de la ville, et le Christ s'étaient entretenus avec lui et que le Christ avait dit que son intention était de châtier les habitants, parce qu'ils n'avaient pas exécuté les promesses faites tant de fois et parce qu'ils étaient « ingrats et faux '' ».

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