‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 121 sur 470 · Rkktollotti, p · texte numérisé non relu

Rkktollotti, p

2. Cantu, Eretici, vol. II, p. 81. Nicolao Baluani, Vila di Garacciolo, Genève, 1587, trad. par Vincenzo Minutoli, d'après Balbi, Genève, 1681, ot par Teissier de l'Estanc, Amsterdam, 1681. News fromltaly ofa second Moses or the Life of Galeacus Caracciolus from the Italian, by Th. Beza, and Ihea into English by Crashow, Londres, 1608. J. B. G. Galiffe, Notices généalogiques sur les familles genevoises, Genève, 1884, vol. V. Du même, Le Refuge italien de Genève, Genève, 1881. De Thol, Histoire Universelle, Londres, 1734, vol. IX, p. 534, chap. lxxxiv.

Jean Antoine Caraccioli, évêque de Troyes, né an commencement du ivi" siècle, devint également protestant. Il était le troisième fils du maréchal de France, né en 1480, mort à Suze en 1550. Voir Arturo Pascal, Rome, 1915.

Le cardinal Marino Caraccioli, né en 1462, avait été envoyé par Léon X en Allemagne pour obtenir de l'empereur qu il lui livrât Luther.

Vermiglio, partagea leurs idées avec l'ardeur d'un néophyte ; dès ce moment son plus grand désir fut d'abandonner la vie qu'il menait pour s'adonner tout entier aux méditations religieuses ; mais bien des obstacles s'y opposaient ; son rôle à la cour était considérable ; son père était un adversaire résolu des tendances nouvelles et fondait sur son fils les plus grandes espérances ; sa femme, Vittoria, héritière du duché de Nocera, le détournait de ses

desseins.

Cependant ses fonctions de chambellan l'amenaient à faire de fréquents voyages en Allemagne et, comme Vergerio, il y apprit à apprécier les promoteurs du mouvement protestant ; en 15i2 il se trouva assister à la diète de Ratisbonne au cours de laquelle la suprématie du Saint-Siège fut discutée ainsi que la question du célibat des prêtres. A chaque fois qu'il repassait les Alpes, il se sentait plus gagné aux idées des novateurs ; une visite qu'il fît à Vermiglio dans sa retraite de Strasbourg, décida de sa vocation. Alors que le plus bel avenir lui semblait réservé et qu'une vie toute de luxe et de plaisirs s'ouvrait devant lui, à l'âge de trentecinq ans, en 1551 (21 mars), il abandonna famille et patrie, n'emportant que 2.000 ducats i. Plusieurs de ses amis persuadés par lui résolurent de l'accompagner, mais leur zèle ne dura guère et, arrivés aux confins du royaume, ils abandonnèrent Carocciolo et rentrèrent chez eux. « Un homme de maison

1 En février 1551, BuUinger écrit à Calvin qu'il l'a chargé de lui porter des lettres. Calvin, Opéra, vol. XIV, col. 43.

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ancienne et de grand parentage, dit Calvin, florissant en honneurs et en biens, ayant femme noble et chaste, belle compagnie d'enfants, repos et concorde en sa maison, bref, heureux en tout ce qui concerne l'état de cette vie, pour se ranger sous l'enseigne du Christ a volontairement abandonné le lieu de sa naissance, n'a point fait difficulté de laisser sa seigneurie, un pays fertile et plaisant, grand et riche patrimoine..., a quitté père, femme, parents et alliés et, après avoir abandonné tant d'allèchements du monde, se contentant de notre petitesse, vit frugalement et selon la façon du commun peuple ^ »

De ce moment, commença pour lui une existence toute de traverses et d'angoisses ; il s'était d'abord 'rendu à Augsbourg (26 mai 1551), mais l'empereur Charles-Quint l'ayant mis hors la loi, il se réfugia à Genève (8 juin) où Lattanzio Ragnone, le confident de Carnesecchi, arriva deux jours plus tard ; celui-ci le mit en rapport avec Calvin.

Sa fuite eut, comme celle d'Ochino niais pour de tout autres raisons, un grand retentissement en Italie ; sa haute situation mondaine donnait un tel poids à sa résolution que tout fut mis en œuvre pour le ramener ; l'Église et sa famille unirent leurs efforts ; le Saint-Siège lui donna un saufconduit avec lequel il vint à Vérone où son père s'était rendu ; sa femme aussi accourut ; il y eut de tragiques entrevues ; on lui représenta que, par

1. Commentaires SU1' l'Epitre aux 6'ori?ii/îieH5, Strasbourg, 1546, en latin et en français, Genève, 1547. Cf. Cani l, Eretich\o\, II, p. 82.

CARACCIOLO

son obstination, il compromettait l'avenir des siens, car l'empereur s'apprêtait à confisquer ses biens; qu'en se montrant moins intransigeant, « il sauverait son père du tombeau, sa femme du désespoir, ses enfants du déshonneur et la ville de Naples de l'affliction ». Caracciolo demeura cependant inébranlable dans ses intentions (juin-avril 1553).

Lorsque Paul IV monta sur le trône deux ans après, Colantonio le sollicita en faveur de son fils qui se trouvait être, par sa mère, neveu du pape ; il obtint qu'il pourrait résider en territoire vénitien ; bien plus, le Saint-Siège lui aurait permis, s'il avait repris sa vie antérieure, de vivre à sa guise et de ne s'astreindre à aucune pratique de l'Église catholique. Son père vint le presser d'accepter ; leur rencontre eut lieu à Mantoue ; Caracciolo repoussa toutes les sollicitations et son père dut s'éloigner; il l'accompagna jusqu'à la frontière du pays vénitien, après quoi il s'en fut à Ferrare où Francesco Porto le présenta à la duchesse, si accueillante aux protestants. Il rentra à Genève le l^j- octobre 1555.

Calvin célébra sa fermeté en dédiant la deuxième édition de ses Commentaires sur les psaumes « au très illustre Seigneur et plus noble encore par sa vertu que par sa haute naissance, Galeace Caracciolo » (13 janvier 1556)^.

Une dernière épreuve était réservée à Caracciolo ; sa femme voulut, encore une fois, tenter de le rame-

1. Dan:- l'ôdition de 1558, la préface est une autobiographie apologétique.

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ner ; une entrevue fut convenue à Lésina, sur la côte dalmate, en face du rivage napolitain mais, au lieu de sa femme, ce furent ses deux fils, Golantonio et Carlo, qui vinrent le trouver, sa femme n'ayant pu, disait-elle, affronter le voyage ; Caracciolo se décida alors à l'aller rejoindre dans leur château de Vico^ ; cette détermination n'était pas sans quelque danger; il est vrai que la cité de Goire avait récemment accordé à Garacciolo le droit de cité, faveur rare qui lui conférait une sorte d'immunité, car le Saint-Siège avait grand intérêt à ne pas entrer en conflit avec les Ligues grises. Toute la famille de Garacciolo était assemblée dans le château ; son père, sa femme, ses enfants s'épuisèrent à lui arracher quelques concessions; quand il partit, 'sa plus jeune fille, âgée de douze ans, « jeta de si sensibles cris que le cœur le plus barbare n'aurait pu se détendre de s'en laisser attendrir- ». Rien ne put ébranler sa décision.

Cependant Galvin était dans l'appréhension , car il redoutait d'une part que Garacciolo ne tombât entre les mains de rioquisition pendant son voyage en Italie et, d'autre part, son absence de Genève avait amené un certain désarroi dans la communauté.

Les protestants italiens de Genève avaient commencé par se réunir dans la chapelle du cardinal d'Ostie (15i^2), puis dans le temple de la Made-

1. Ville maritime de la Capitanate, dite délia Baronia, pour la distinguer des autres.

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