‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 13 sur 470 · Voir le chapitre qui lui est consacré · texte numérisé non relu

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Il y avait couttli aussi entre le cardinalat et l'épiscopat, entre l'épiscopat et les ordres réguliers Sous le pontificat de Léon X, les évoques voulurent profiter du concile du Lalran pour réduire leurs adversaires. « Une tcuipôte formidable s'est abbatue sur nous, écrivait alors le général des aueustins, Egidio Canisio ; l'assaut des évèques contre nous et tous les ordres mendiants fait rage depuis tantôt trois ans et, pendant tout ce laps de temps, nous n'avons pas eu un jour de repos m une seule suspension d'armes. Tous les jours nous sommes assignés, nous devons répondre». » I^es mornes protestaient contre la bulle « Marc Magnum » de Sixte 1V2 qui les soumettait à l'épiscopat; pour montrer combien cette sujétion était injuste, ils exposèrent sans ménagements les vices du cierge séculier et surtout du haut clergé ; en outre ils soutenaient qu'eux seuls prêchaient et faisaient connaître le no.n du Christ. Pico prit parti pour eux; il fit une peinture elfrayante des mœurs des membres du clergé; il ne demandait pas, disait-il, qu'ils fussent savants, mais simplement qu'ils connussent les obligations de leur ministère ; peu lui importait, ajoutait-il, qu'ils fissent pénitence, pourvu .rn'on ne les vit pas mener une vie de sybarites, couvrir leurs servantes de bijoux , revêtir leurs chevaux de harnachements superbes et faire de leurs demeures de somptueux palais. Le clergé

1 PiCTOR Histoire des papes, trad., vol. VIII, p. 245. ; lZuss^mœ gratis., quœ propterea Mare Magnum nuncuponiur, 31 août 1471. La suivante porte le même titre.

ETAT GÉlNÉRAL Y)\} PAYS.

répondit en énumérant les faits d'immoralité reprochés aux moines qui n'étaient que trop nombreux et avérés^. On se querella longtemps. Les moines défendirent désespérément leurs privilèges, franchises de taxes, droit sur les indulgences, indépendance spirituelle, et les évoques, l'intégrité

de leur autorité 2.

Le concile de Trente dut plus tard reprendre la question. Cette animosité contribua sans nul doute à l'ardeur avec laquelle certains moines luttèrent de concert avec le parti protestant contre

le haut clergé.

Les grands ordres des capucins, des jésuites, des théâtins, des somasques, dont le concours devait être si précieux au Saint-Siège, n'entrèrent en scène qu'au milieu du siècle.

Le Saint-Office n'acquit que vers le même temps l'organisation qui le rendit formidable.

Ainsi tout ce qui fit par la suite la force et assura le triomphe du Saint-Siège lui manquait au début de la crise. En outre, loin de pouvoir s'appuyer sur une foi profonde et docile, la papauté devait compter avec un mouvement littéraire et philosophique qui n'était rien moins que favorable à l'esprit du catholicisme tel qu'on l'entendait à Rome.

1 IMBART DE La Tour, Les OrigiiiBs de la Réforme, Paris, 1905- 1909, vol. II, p. 281. GuGLiA, Studien zur Geschichte.,. Latran Konzils, Vienne, 1906. Pastor, vol.X, p. 281.

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