‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 130 sur 470 · De Aniinarum immortalilale, Lyon, 1536, Francfort · texte numérisé non relu

De Aniinarum immortalilale, Lyon, 1536, Francfort

PALEARIO.

comparait à Lucrèce, et Sadoleto déclarait que son œuvre était empreinte « d'esprit chrétien, de pure religion et pleine de piété envers Dieu ».

Pendant un séjour qu'il fit à Colle, dans le val d'Eisa, il se rencontra avec Marietta Guidotti qu'il épousa plus tard. La vie lui aurait été très douce sans les inimitiés qu'il avait soulevées; il aurait voulu enseigner à Sienne, il en fut empêché; un moine vint prêcher à Colle et soutint de telles erreurs que Paleario ne put les entendre sans y répliquer, et l'on se prit à l'accuser d'attaquer l'Église. D'ailleurs, lors de son séjour à Sienne, Ochino l'avait conquis comme tant d'autres; il lui paraissait maintenant qu'il avait mieux à faire que de montrer toute sa vie le grec et le latin à des écoliers et il s'adonna avec ardeur aux controverses religieuses. Ses opinions devenaient suspectes; les tribunaux inquisitoriaux de Rome et de Florence enquêtèrent sur lui. Certes, il n'était pas en tout point hérétique ; le mariage par exemple lui paraissait un sacrement, mais il n'admettait pas qu'on prêtât serment même devant la justice. Son ami, le cardinal Sadoleto, faisait tous ses efforts pour l'empêcher de se compromettre tout à fait. « Quand je te lis, lui écrivait-il après avoir reçu son poème sur l'Immortalité, je suis tellement ému que je me sens comme enflammé et transporté d'un élan incroyable... En mon nom et au nom de Bembo, je ne te demande pas, je te supplie, d'écouter ceux qui t'aiment; nous sommes dans des temps où il faut se consacrer aux études auxquelles on est invité

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à s'appliquer, non à celles dont on est détournée » Mais c'était là ce qui répugnait le plus à Paleario. Plus tard il écrivait à Bartolommeo Ricci : « Dieu m'est témoin que je déplore chaque jour davantage mes insipides travaux d'interprète d'auteurs grecs et latins... J'ai toujours estimé qu'il est honteux pour un homme capable de choses plus élevées, d'abdiquer son indépendance et de prostituer ses talents en reproduisant la pensée d'autrui. Mais la modicité de mon patrimoine m'oblige à rester dans une condition pour laquelle je n'ai aucun goût 2. » Sadoleto le sauva de ce premier orage et il put demeurer quelque temps sans être inquiété. Mais à Sienne, où il se rendit ensuite, une cabale fut montée contre lui; la populace, conduite par les moines, se porta vers l'évêché pour réclamer son exil ou sa condamnation. L'évêque, Francesco Bardini, lui était favorable et le défendit un temps jusqu'au jour où, inquiet, il fit engager une procédure centre lui 3; le sénat le traduisit à sa barre; il y prononça une belle harangue cicéronienne dans laquelle il accentue sensiblement ses opinions; on l'accusait, disait-il, d'avoir pensé comme les théologiens allemands, mais il y en avait d'excellents, tels que OEcolampade, Érasme, Mélanchton, Bucer; aucun théologien italien ne serait assez niais pour soutenir qu'il n'y avait pas de bonnes

1. Epist. libri YXr/Z.vol. lI,p.369.TiKAB0sciil,vuI.VII, p. 1390.

2. BoNNiiT, p. 207. Dans VOratio XII, De Felicitale, il se plaint de la réserve qu'il avait dû s'imposer dans ses cours.

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