Il fut fortement amande après la mort de Berni
324 COMMENT SE RÉPANDIT LA RÉFORME
dans le septième des Dialogues, car il est parfait à tous les points de vue ; on ny change pas de demeure, mais de mœurs; on n'y change pas de vêtements mais de vie; on ne se sépare pas de sa chevelure, mais de ses mauvaises pensées; on prie avec son cœur et non avec ses lèvres... » A quoi la duchesse est censée répondre assez naïvement qu'elle voudrait bien devenir parfaite, mais sans se donner trop de peine ^
De même que Vittoria Colonna, elle s'intéresrait-vivement aux capucins ; elle connut Matteo da Bassi quand il vint dans les Marches avec Francesco da Cartoceto prêcher la réforme de l'ordre des Franciscains ; il allait pieds nus dans les rues de Camerino criant : « Miséricorde, miséricorde! » et provoquait de nombreuses vocations (juillet 1528); sa tentative l'intéressait d'autant plus qu'elle souhaitait ardemment cette réforme des mœurs qui lui semblait le salut de l'Église. Quand Bassi eut été enfermé sur l'ordre du Chapitre provincial des frères de l'Observance, elle obtint sa délivrance ; quand Ochino fut devenu le chef des capucins, elle l'appuya de tout son pouvoir dans ses luttes contre le Saint-Siège. « Je crois, déposait Carnesecchi au cours de son procès, le 26 juillet 1566, qu'elle a été l'amie d'Ochino avant et après sa fuite. » Aussi était-elle surveillée de très près;
1 Ces Dialogues furent publiés en 1542, du vivant de Caterina et elle n'éleva aucune protestation, ce qui montre qu'elle en acceptait les tendances, encore qu»elles fussent très nettement hostiles aux doctrines strictement catholiques.