‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 166 sur 470 · C. BuRMAN, p · texte numérisé non relu

C. BuRMAN, p

3. Pastor, Histoire des Papes, vol. V, p. 65 et suiv. Cantù, Storia Universale, vol. IX, part. II, Turin, 1858, p. 1018.

4. De irtdulgpntiis indecore et per summam impudentiayn passim

l'autre étaient étroites ; ils n'envisageaient que le but immédiat et le côté pratique des réclamations protestantes, et comprenaient si peu les nécessités de l'heure présente qu'ils réclamaient avec insistance la continuation des travaux de la basilique de Saint-Pierre qui avaient été cause en partie des difficultés financières du Saint-Siège ; la guerre contre le Turc leur paraissait de mémo

urgente.

Un anonyme recommandait à Adrien VI d'imper aux évêques le devoir de résider et d'être à l'avenir « les pasteurs et non des loups pour

leurs troupeaux ».

Le cardinal Egidio de Viterbe adressait également au pape un Pro Memoria sur la Réforme de l'Église dans lequel il recommandait que ceux-là seuls fussent appelés aux honneurs qui seraient les meilleurs, les plus aptes, les plus actifs, et insistait sur le rôle du Saint-Siège ^

Zaccaria de Rovigo désignait la ville de Rome comme la cause des périls qui menaçaient l'Eglise et s'élevait contre l'attribution des charges ecclésiastiques à des jeunes gens et à des incapables.

Le docteur Jean Eck^ qui vint à Rome au mois de mars 1523 pour négocier avec le Saint-Siège

peccatum est, eas nullo habito delectu invulgantes..,, Pasolini,

^t'^NT^; sioWa Universale,. oL IX, part II, p. ^004 et suiv 2 Maier, dit Eck parce qu'il était ne a Eck en Suède (1486- 1543) U combattit Luther dont il avait été l'ami et fut charge avec Aleandro de la publication de la bulle - Exsurge Domtn'^ . ^620) 11 vint à Rome, comme on a dit, en 1523 et y demeura

au nom du duc de Bavière, entreprit lui aussi de donner des avis au pape; pour lui, la réunion d'un concile œcuménique serait sans résultat et, d'autre part, la rigueur^ne réussirait pas à dompter l'hérésie ; seule une réforme des abus sauverait l'Eglise de la ruine; il fallait supprimer le cumul des prébendes, diminuer les pensions, abolir les commendes, réglementer les indulgences. Ainsi il ne voyait lui non plus d'autre remède à a l'état calamiteux » des affaires de l'Eglise que la suppression des exactions du Saint-Siège; les questions dogmatiques, la crise de la hiérarchie lui semblaient négligeables.

Les conseils n'avaient donc pas manqué à Adrien VI quand il arriva dans sa capitale le 27 août 1523. D'ailleurs, à l'occasion de la première adoration du sacré Collège qui eut lieu au cloître de Saint- Paul hors des Murs avant son entrée, le doyen des cardinaux, Bernardino Carvajal, lui rappela le mal qu'avaient causé à l'Eglise « des papes élus par simonie et coupables des erreurs les plus graves » et il lui traça tout un plan de conduite qui consistait à choisir de bons conseillers et des cardinaux de mérite, à refréner l'avarice et les exigences des membres de la Curie et des familiers du palais, à n'accorder le sacerdoce qu'à des prêtres qui ne fussent ni ignorants, ni indignes; mais, en même temps, il lui

pendant le pontificat d'Adrien VI. H avait eu à Leipzig une controverse mémorable avec Luther sur la suprématie du pape (4-14 juillet 1519).

recommandait lui aussi l'achèvement de Saint- Pierre ^

Le pape partageait en partie ces sentiments, du moins en ce qui concernait les causes du maP. Dans les instructions qu'il remit à Francesco Chierigato, évêque de Teramo, en vue de la diète convoquée à Nuremberg, on lit que « depuis nombre d'années beaucoup d'abominations ont été commises, même au Vatican, abus des choses saintes, oubli des commandements, mépris des règles, en sorte qu'il n'y a pas lieu de s'étonner que la maladie soit descendue de la tête dans les membres, des papes chez les prélats. Nous tous, dit-il encore, nous nous sommes détournés des voies de la justice; il y a longtemps que personne ne fait plus le bien. C'est pourquoi tu promettras que nos efforts tendront à améliorer la cour de Rome^. »

Tout de suite le pape se mit à l'œuvre ; dans un consistoire tenu en septembre, il déclara aux cardinaux qu'ils nourrissaient trop de chiens pour leurs chasses et que 6000 écus de revenu devaient suffire à chacun pour vivre décemment'^; il menaça de destitution les auditeurs de Rote qui vendraient dorénavant la justice; les induits

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