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APOGÉE DU MOUVEMENT PROTESTANT

Le cardinal Giovanni Maria de Ciocchi del Monte^ qui prit le nom de Jules III, n'était guère plus capable que son prédécesseur de sauver le catholicisme dans l'imminent danger où il se trouvait.

Né le 10 septembre 1487, il avait par conséquent soixante-trois ans quand, après un conclave qui dura du 29 novembre 1549 au 7 février 1550, il fut élu par un hasard de scrutin contre l'attente et au grand désespoir de chacun. Les craintes des conclavistes furent bientôt justifiées. Non seulement le pape se laissa aller à son goût pour la bonne chère, les banquets somptueux, les divertissements, mais il s'entoura de gens d'une moralité médiocre

1. Sa famille était originaire de Monte Sansovino près Arezzo.

et s'abandonna à un favoritisme déhonté^ « Il est de nature emportée et peu enclin à la bienveillance mais sa colère passe vite quelque grande qu'elle ait été dès qu'il se met à raisonner, écrivait en 1551, Matteo Dandolo, orateur de la République vénitienne^. Je crois pouvoir affirmer qu'il ne hait personne mais, en revanche, il n aime personne, si ce n'est le cardinal Innocenzo del Monte, son neveu par adoption. Il s'est montré fort généreux envers les cardinaux de Mantoue et de Trêves qui votèrent pour lui au conclave, i» Il en fut de même à l'égard de l'évêque de Pavie, Girolamo de Rossi, auquel il fit payer une somme de 10 000 écus qui lui était due et que le pape précédent lui avait constamment refusée; cette générosité était d'autant plus méritoire que Jules III avait eu un différend avec lui au concile de Trente.

Innocenzo del Monte passait pour le fils naturel de son frère et le pape l'affectionnait au point que la médisance se donnait libre carrière à son sujet. Sans éducation et sans mœurs, ce garnement qui était âgé de dix-sept ans au moment de son élévation à la pourpre (30 mai 1550), avait mené jusqu'alors et continua à mener après son élection, une vie des plus dissolues ; on l'appelait le t singe » parce que son rôle, dans la maison du frère du pape, consistait à donner des soins à un singe; ce sobriquet lui resta quand il fut cardinal. Jules III

1. Panvinio. Hist. délie Vite de Sommi Pontifici, Venise, 1612,

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