FONTANA, p
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PnOGRÈS ET EXTINCTION DE LA REFORME.
" En même temps Paul IV essayait de réaliser quelques-unes des réformes qui lui semblaient compatibles avec Tordre catholique en même temps qu'il pourvoyait à la répression des scandales trop souvent impunis jusque-là. La suspension des séances du concile entravait d'ailleurs toute réforme importante.
Le 8 février 1556, il avait assemblé les cardinaux et les évêques présents à Rome et tiré au sort les noms de vingt-quatre cardinaux et trente évêques qu'il chargea de lui présenter des propositions; six commissions furent constituées. Les Romains, qui connaissaient le caractère autoritaire du souverain pontife, murmuraient que les commissaires méritaient plutôt le nom de cavalli spallati, chevaux bâtés que celui de coiTieri, coursiers, ayant un tel maître*.
Il promulgua un édit sur l'habillement des ecclésiastiques; d'autre part, « il coupait peu à peu les jambes à la Pénitencerie », comme on disait à Rome, c'est-à-dire qu'il lui retirait successivement ses prérogatives telles que le droit d'accorder des dispenses de mariage et des dispenses pour les attributions des biens ecclésiastiques; en sorte que les membres de cette congrégation voyaient leurs bénéfices décroître avec rapidité^ (16 octobre 1557).
Paul IV fit beaucoup aussi pour remédier à l'inconduite du clergé. Quand il monta sur le
i. Cod. Vat. Urb., 1038. Avvisi, fol. 140. 2. Cod. Vat. Urb., 1038, fol. 21i.
trône le relâchement des mœurs y était encore très grand.
En l'année 1553, c'est-à-dire deux ans avant l'élection de Paul IV, Balduino del Monte écrivait à son frère Jules III une singulière lettre dans laquelle il lui annonçait que l'année précédente il s'était occupé de marier la fille de l'évêque de Città di Castello, Vitellozzo Vitelli (qui fut nommé cardinal l'année suivante) et lui avait remis en dot une somme de 500 ducats qu'il espérait bien que le trésorier pontifical lui rembourserait ^
En 1555, le vicaire de Polignano, près Modène, était publiquement accusé des pires méfaits; il vivait sans vergogne avec une femme dont il avait un fils, il avait frs^ppé des clercs, il vendait aux bouchers, aux boulangers, aux taverniers, le droit de travailler les jours de fête^.
Au mois de septembre 1555, un chanoine de Saint-Pierre fut surpris chez une courtisane, Antea, habitant près de l'Ortaccio, c'est-à-dire au champ de Mars, non loin des ruines du mausolée d'Auguste^.
Un autre prêtre, don Angelo de Veterani, est accusé devant le gouverneur, le 2 janvier 1556, d'avoir donné asile à deux moines coupables d'homicide*.