Archiv. Seg. Vat. Lett. de Principi, vol. XXI, col
VI VI r^f r^^*^°^^® **" ^^ octobre 1555. Investigationes, vol. •A.LV1U, fol. 115.
TOI* XLVnr^fo'r'"^^ **" ^^ septembre 1555. Investigationes, 4. Investigationes, vol. L, fol. 3.
En cette même année 1556, le pape fut informé que « des personnes ecclésiastiques avaient commis des excès dans la province de la Campanie ». Il fit ouvrir une enquête que l'on dirigea principalement contre l'évêque de Ferentino, Aurelio Tibaldeschi, dq l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean. Il fut avéré que le 11 mars, dans son église cathédrale, en présence de plusieurs chanoines et du Corps du Christ, il avait frappé de coups de poing et violemment malmené le doyen du chapitre, puis il Tavait poussé avec de grandd cris jusqu'aux prisons où il l'avait fait enfermer. Il s'agissait d'une amende que Tévêque avait voulu imposer à un autre chanoine.
Cet évoque était, dirent les témoins, joueur et blasphémateur; on lui attribuait une fîlle. Sa parenté avec le pape Jules III lui avait valu sa nomination*.
Le 4 septembre 1556, les ermites Augustins de Gênes furent chassés de leur monastère par ordre du pape et remplacés par d'autres car ils menaient une « vie corrompue et infâme » et « leurs méeurs de même que leur dépravation hérétique méritaient un châtiment » que la République avait sollicité. %- '
En avril 1557, deux prêtres se prennent de querelle dans la rue, en viennent aux mains, roulent par terre et se menacent de leurs poignards^.
1. Archiv. di Stato, Roma, Atti de! governatore Sec. Xyi» Pro. 32, fasc. 13, fol. 728 et suiv.
2. Interrogatoire du 2 avril. Investigationes, vol. L, fol. 196.
En mars 1559, l'évêque de Polignano> Pi^rro Antonio Casamassima auquel son oncle avait cédé son siège quinze ans auparavant, fut enfermé d'abord à la Corte Savella puis au fehâteau Saint- Ange pour avoir été surpris en compagnie d'une courtisane juive. Il y avait cinq ans quHl la connaissait; ils se rencontraient tantôt che» elle, tantôt chez l'évêque ainsi qu'en déposa la femme, Elle fut condamnée à être battue de verges dans lés rues de la ville \ dépouillée de tout ce qu'elle po8sé(dait et chassée des États pontificaux, condamnation que les Romains estimèrent excessive car «lie payait au gouvernement une taxe de 200 écus pour avoir le droit d'exercer sa profession. Quant à l'évêque, il fut condamné à la prison perpétuelle; durant les six premiers mois, il devait n'être nourH que de pain et d'eau, ce qiii le mit au désespoir^.
Que le pape ait en partie réussi à triotopher de ces désordres, grâce à son énergique ténacité^ Je passage suivant d'un rapport adressé en 1560 aii sénat vénitien par son ambassadeur Luigi Mocenigo, permet de le penser. « La cité, de Home, dit^l, en comparaison de ce qu'elle avait été sous les pontificats précédents, ressenable à un moûastère; si l'on pèche encore, c'est en secret alors qu'auparavant nul ne se cafchait pour tnàl faire^ pas même les évêques et les cardinaux. » Cinq ans
i. Sur Cô suppute, voir noirt oiïvtage CouHiisanef et Boudons. 2. Cod. Vat. Urb., 1039, fol. 24 et suiv. Archiv. di Stato, Roma, Attidel Governat., XVI sec, Prot. 48, fasc. 1.
plus tard, sous le pontificat du pape Pie IV, l'envoyé vénitien Giovanni Soranzo décrivait ainsi au sénat, en 1565, la vie des prélats romains * : a Le cardinal Borromée vit saintement '^ et ne se montre généreux qu'envers ceux qui lui ressemblent, aussi les prêtres mènent-ils une existence fort décente, du moins en public, s'abstenant de tout plaisir; on ne voit plus de cardinaux en masque ou à cheval, ni se promenant par la ville en carrosse accompagnés de femmes, comme cela se pratiquait il n'y a pas si longtemps; ils vont seuls en carrosse stores baissés; les banquets, les chasses, tous les divertissements ont cessé; les prêtres portent tous le vêtement ecclésiastique. »
Il est vrai que, dans un document daté de 1564 et intitulé Disordini da rimediare in Roma ^. il est dit, tout au contraire : « On n'a presque rien fait pour obliger les prêtres à rester à leur place. Ils vont dans le costume qui leur plaît. Rien n'a été fait non plus quant au concubinage, les choses sont même pires qu'avant. En ce qui concerne la vie des moines et des moinesses, on voit des choses qui crient au Ciel et cependant on n'y met nul obstacle. Des églises, on fait des places publiques et des tréteaux; il en est ainsi même dans l'église Délia Minerva. »
Pourtant il semble bien que le biographe de
1. £. Alberi, Relazioni Amb. Venetiy Ser. II, vol. IV, p. 58.