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LE PALAIS DU 9AIMT-0FFICE EN 1798 ET EN

Le 27 mars 1849 la Constituante romaine décréta, sur la proposition du ministre Sterbini, que le tribunal du Saint-Office serait aboli à jamais, le palais rasé et qu'à son emplacement on élèverait une colonne pour l'instruction de la postérité'. La ville était en émoi à la suite des événements de Lombardie et de la défaite de Novare (23 mars 1849) ; on était prêt à en venir aux extrémités; le 29 mai le triumvirat composé de Mazzini, Armellini, Safi, prit le pouvoir; le 1" avril le peuple se porta vers les prisons de l'Inquisition et en rompit les portes ; ce fut sa prise de la Bastille. L'imagination y aidant, on vit d'horribles spectacles qui servirent à surexcitera fureur populaire. Dans les cachots, des chaînes, de lourds anneaux de fer, l'usure des dalles rappelaient les souffrances des condamnés ; sur les murs on lut des instructions telles que celles-ci : « Le caprice et la scélératesse des hommes ne parviendront jamais à me séparer de ton Église ô Christ, ma seule espérance! » Le souvenir des condamnations à l'immuration si fréquentes au xvi' siècle, fit qu'on s'imagina avoir trouvé cinq squelettes murés dans la paroi d'une prison. Un squelette de femme conservant de beaux cheveux noirs remplit les spectateurs d'horreur. Dans chaque salle se tenait un

tJ'^' *^.*'f'.' "'■'■''^'* ''" ""»«?«'-o. 22 juin 1913. Le palais ne fut point détruit n. la colonne érigée; toutefois un auteur romain, H.nto Michelangelo, commémora cette décision par une allégorie dans son ouTrage Don Pirlone a Roma, vol. II, pi. I2s. Une autre allégorie, pi. 126, rappelle l'ouverture des prisons.

LA RéFORMB EN ITALIE. — H. Q

homme qui reaseignait les visiteurs sur sa destination et sur les atrocités qui sy étaient accomplies: quelques aventureux pénétrèrent dans des caveaux où. à la lueur des torches, ils découvrirent des restes humains et des vêtements en lambeaux, un collier de femme et un chapeau de fillette, des frocs de moines, des paniers contenant des médailles et des rosaires, enfin des langes d-enfants>. Les partisans du régime pontifical affirmèrent qu'on avait vidé un charnier voisin Dour offrir aux visiteurs ce spectacle et, qu en y Regardant de près, on aurait trouvé parmi ces débris surtout des os de chiens et de poulets.

On chercha inutilement les instrumente de torture; ils avaient disparu, dit-on, depuis 1815 ; il ne restait que l'anneau qui avait servi pour 1 es rapide et l'emplacement destiné à l'épreuve du feu. ^ Une foule immense vint visiter ces prisons ; eUe se porta de là vers le monastère des dominicains de la Minerva pour chercher une vengeance et s. quelques carabiniers ne s'étaient trouvés là fort à Join?, les moines auraient couru grand risque de fa vie et le monastère eût été mis à sac. Un prê re fut entouré et menacé, et dut prononcer une allocution patriotique sous le porche d une église .

,. G. MxHOOXx.. Boma . W^„, Turin, m8^cap.xx.x. p.^«.^. o // Positiva, Rome, 3 avril 184y. ^ ^ ji Con-

temvoraneo, «ome, 4 avril '"»-^^J„t'"B„,eydier. Paris, 1851, Home des années IS*^-'*^" P" f.^"" i./„„„i,i:,one, Rome, 1850.

rcnce. 1868-1869, vol. III. p. 331,

FONCTIONNEMENT DES TRIBUNAUX INQU.SITORUUX. ,3.

Un décret daté du surlendemain déclara que le palais du bamt-Office servirait désormais à abriter les familles pauvres moyennant une redevance « Toutefois une partie des bâtiments devint une caserne. Les prisons furent détruites ainsi que les salles des tribunaux. On épargna ce qui restait des Vattr *^"' gouvernement fit transporter au

Lorsque Pie IX rentra dans Rome, il rendit à la congrégation du Saint-Office son palais mais non tous ses pouvoirs ^.

Pendant 1 occupation française, des troupes y furent logées. ^ ^

Actuellement le palais est employé comme habitation pnvée.

KONCTIONNEMENT DES TRIBUNAUX INQUISITORUUX.

D'une façon générale et sans tenir compte des différences locales, l'organisation et le fonctionnement des tribunaux inquisitoriaux étaient ainsi règles en Italie 3.

J^Journal Ues Débats du lundi ,6 avril ,849. Moniteur mêm. 2. MoRONi, Diz. Erud., vol. XVI p 223

inquisuoribuTt::::; %t!É' ^Z^^'f ''^ -«"'-

pir<.toriun, Inguùilorum cr^lz-- F^^^Zf'LlTn'"''' m Aedibus P. R. «SST p»,»r,= a, •• "«"««ci Fegnx. Rome,

mourut en 1612 et écrivif n.,. n" ''""^"'"'' '^'' «»'« «mi 11 annota également îe ûLLTr" ' v""'"' '" '''n<J"isition. COME. Rome 158* rf<!.„c '»?"«;'<»•"'". de Bebnakdo de VenisV <\7r D n S'"*"" Episc, Théorie Praxis Haereseos Venise, 1573. Pa„. BaiLLAND, Tractatus deHeretiois et s^^.

Les juges devaient avoir plus de trente ans, souvent même plus de quarante et être théologiens ou canonistes et de foi éprouvée; ils jouissaient du privilège d'être exonérés de toute taxe excepté celle sur les chevaux, de n'avoir pas à payer de dîme sur leurs bénéfices; ils avaient le pouvoir d'accorder des indulgences de vingt à quarante jours, « d'interpréter » les décisions du Saint-Siège de même que celles du pouvoir séculier, de se faire livrer les hérétiques réfugiés dans les églises, même si l'évêque s'y opposait. U était interdit de les excommunier excepté dans quelques cas particuliers; ils avaient droit au titre de Très Révérend; il leur était permis de lire et d'autoriser la lecture des livres hérétiques.

Lyon, 1536. Paolo Sarpi, Trattato délie Materie beneficiarie, Mirandola, 1676. Cesare Caréna, Traclatus de Officto SS. Inquisilionis, Lyon, 1669. Ph. Limborch, Historia Inquisttionis, Amsterdam, 1692, dont Morone dit : Op^a curiosache passacorne scritta con moite verità {Diz. Erud, vol. XXXVl, p. 46, Sloria delV Inquisizione, Florence, 1849. Histoire des Inquisitions, Colocne. 1579, tirée des Mémoires historiques de L. Elites Uupin et d'autres ouvrages par l'abbé Gl.-P. Goujet. H. Plettembero, Notitia Congregationum et Tribunalium Cnriae Romanae Hildesheim, 1673. De Romani Ponlificis potestate et delegata Inqutsitorum, auctore Ludovico a Paramo Boroxensi, Regni Sictlia j7wuisitori,mien,\^n.ELisEO^lxsisi,SacroArsenale,orceroprat-

tica delV Officio délia S. Inquisizione , con Vinserzione di alcune reqole falle dal P. Inquisitore. T. Monghini Domenicano, e di diverse annotazioni del dottore Gio Pasquatone Fiscale délia Suprema Générale Inquisizione di Roma, Roma, 1705.

La bibliothèque de la Minerva contient quelques manuscrits décrits par Charles Molinier (voir Bibliographie) qui sont relatifs à la procédure inquisitoriale ; ils datent d'une période antérieure à la création du Saint-Office, du xiii* et du xiV sièc e, mais semblent avoir été encore en usage durant tout le xvi« siècle. La liste des cardinaux du Saint-Office de Pie V à Paul V se trouve : Bibl. Vat. Cod. Ottoboniani, 2498, fol. 262.

Les juges inquisitoriaux pouvaient s'adjoindre des laïques et les obliger même par la contrainte, à accepter les fonctions qu'ils leur conféraient. Ils avaient pour auxiliaires des « qualificateurs » dont le rôle consistait à apprécier les actes et les opinions reprochés aux accusés et à décider s'ils étaient : hérétiques, scandaleux ou téméraires

Un avocat fiscal rédigeait les actes d'accusation et les signifiait aux inculpés, contrôlait les dépositions, examinait les ouvrages saisis, suivait la procédure et s'assurait que les condamnés subissaient leur peine; il gérait les biens qui avaient été conhsques au profit du tribunal. L'avocat fiscal devait être « honnête », diligent, instruit des règles du droit; il devait connaître les bulles et les brefs pontificaux.

Les notaires ou secrétaires jurés étaient choisis parmi les notaires séculiers ou bien parmi les notaires ecclésiastiques'; leur fonction était de consigner par écrit les actes du Saint-Office ainsi que ceux des tribunaux inquisitoriaux et les dépositions des témoins; ils rédigeaient les pièces de la procédure. Ils étaient tenus au plus grand secret.

Un trésorier était chargé de recevoir, à l'exclusion de toute autre personne, les revenus appartenant à 1 Inquisition aussi bien que les sommes qui

ZlTesecl^J:L^,T '"^"^ ""*= '*' ''"ï"is"«"rs manquent de VoTcldenat^wl^' '^!"- P«:™«'<l'en prendre des séculiers. L onice de notaire inquisitorial était, en effet, fort déconsi-

lui étaient dues ; sa comptabilité devait être minutieusement contrôlée.

La plupart de ces personnes habitaient le palais du Saint-Office.

Les familiers de Tlnquisition avaient pour mission d'exécuter ses ordres; il leur était permis de porter des armes, mais ils ne pouvaient en faire usage que dans l'exercice de leur ministère. C'étaient aussi des espions; ils étaient tenus de dénoncer les suspects et, s'ils s'abstenaient de le faire, étaient considérés eux-mêmes comme suspects. Il existait dans plusieurs villes d'Italie, à Bologne, à Milan, des espèces de confréries dont les membres prenaient le nom de Grocesegnati et dont le rôle était de dénoncer et c d'exterminer »

déré, dit le pape, et beaucoup répugnaient à l'exercer. En 1585, le notaire de l'Inquisition à Mantoue recevait 12 écus d'or par an.

Salaires de quelques-uns des membres et employés du Saint- Office.

Année 1567 ou un pea postérieure.

Le P. commissaire recevait par an ... . 420 écus.

Le P. assesseur — — .... 480 —

Le P. fiscal — — .... 240 —

Le notaire et ses clercs recevaient par an. 384 —

L'archiviste recevait par an 144 —

Le secrétaire — — 160 —

Le capitaine — — 176 —

Le chapelin — — 60 —

Le médecin — — 25 —

Le chirurgien — — 10 —

Gardiens, barbiers, scribes recevaient, . . 67 —

Bois et fagots 78 —

Vêtements, linge, papier, encre, grilles des

fenêtres, bûchers, environ 2 766 —

(Cod. Barberiniano, LV, I.)

FONCTIONNEMENT DES TRIBCNAtJX INQUISITORIAUX. ,33

les hérétiques. En retour, il leur était accordé de grands avantages i.

êt!lZll'^'T ^"" P"'""' **" Ilnquisition devaient être d honnêtes gens « car ceux qui ne sont cas honnêtes méritent d'être gardés pltôt que d étr I?s tris:: " '": ''"^ «-toutenj;int dlpêch tj IZT" '^l '^«"'"""iq^e'- entre eïx ou avec le dehors. Défense était d'ailleurs faite à . ceux-c. sous menace de la torture, de parler ou décrire à qui ce fût^ Les sbires chargés de conduire au château Saint-Ange les Lusés ne devaient s en retenir sous aucun prétexte avec les gardiens de la forteresse. A partir de 1371 les geôliers qui se rendaient auprès des prison^i s tS^TuTr T ?'" --Pagner'd-urr feaint-Office avec des armes «.

Les inculpations étaient de deux sortes suivant leur gravité, de levi ou de vehementer.

S. 1 hérésie avait été purement mentale, un îu s'en d r'^r ''''* '' ^''''' '^■^''«""dre celui

Desparoleshérétiques.prononcées sans intention hérétique, ne constituaient pas le crime] d'hérésie.

Sil„„''e°'' "" ""' '" "•' ' •'" =«J«' 1»n« >e chapitre relatif à

AtUgemine Deirelen, p 507 ét^509 '""""""■ ^- Pa"ob.

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