God. Barberiniano, LXXI
2. On plaisantait parfois* avec le redoutable tribunal ! Botticello avait essayé, raconte Vasari, de commenter Dante
à Florence et s'était montré fort ridicule. Or, peu après, il accusa en manière de jeu un de ses amis, d'avoir émis des propos hérétiques sur la nature des âmes; le Saint-Office prit la chose au sérieux; l'accusé fut arrêté et interrogé; on lui cita le nom du délateur. « N'ai-je pas eu bien raison de prétendre que les âmes des hommes sont semblables à celles des bêtes, dit-il; mon accusateur en est la preuve car il a montré qu'il n'était qu'une bête en se mêlant d'expliquer Dante !» Et il fut mis hors de cause.
3. Lettre du nonce Nicastro en date du 29 octobre 1510. Nunz.
Ven., vol. VIII, p. 74.
Il arrivait que les victimes de l'Inquisition trouvassent des sympathies actives au dehors; le 8 octobre 1569, un ancien gouverneur de Rome au temps de Pie IV, Palantieri, fut mis en prison pour avoir facilité l'évasion de plusieurs prisonniers hérétiques alors qu'il était en fonction M Tannée suivante, le 11 février 1570, le gardien des' prisons fut pendu devant le palais du Saint-Office parce qu'il avait montré trop de complaisance dans l'exercice de ses charges^; en l'année 1626, on s'aperçut qu'un frère mineur de Palerme,' fra Vincenzo Bonincontro, condamné en 1622 à être « muré perpétuellement sans espoir de grâce » vivait depuis quelque temps déjà fort tranquillement dans un couvent d'Avignon 3.
Il y eut presque continuellement des évasions à Rome et dans le reste de l'Italie car les prisons étaient insuffisantes, mal établies et les gardiens souvent négligents ou faciles à corrompre. Le nonce de Naples écrivait, le 22 mai 1456, qu'il n'avait ni sbires, ni prison et qu'il ..ne pouvait ordonner l'estrapade, faute de l'instrument. Force lui était de demander aux autorités civiles de garder en prison les hérétiques et elles n'y consentaient jamais sans beaucoup de pourparlers ^ Le concile de Trente évoqua plus d'une fois