‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 230 sur 470 · RAYNâLDUs, ad an. n · texte numérisé non relu

RAYNâLDUs, ad an. n

l'index.

fort irrité qu'il Tavait poussé rudement devant lui en le traitant de luthérien et de faux moine; un peu plus tard, il l'avait contraint à se tenir debout devant lui pendant une demi-heure pour le punir d'avoir intercédé en faveur de Tévêque de Tolède, Carranza, qui était soupçonné de tendances hérétiques.

Il est certain que le nouvel Index était d'un exclusivisme qui dépassait la mesure*; quarante éditions de la Bible publiées de 1522 à 1557 et douze éditions du Nouveau Testament figuraient sur la liste des ouvrages interdits. Les libraires romains s'émurent; la plupart d'entre eux possédaient des livres nouvellement portés sur l'Index qu'on leur avait permis d'introduire dans les États de TÉglise et sur lesquels ils avaient même payé les droits de douane. Comment pourraient-ils s'en défaire sans danger? Ils se réunirent donc le 31 décembre 1558 et décidèrent d'aller en corps chez le cardinal Alessandrino pour s'éclairer sur ses intentions et lui demander de leur concéder tout au moins la permission de renvoyer en France et en Allemagne les livres défendus qu'ils avaient en magasin; ils devaient tâcher d'obtenir en outre le remboursement des droits d'octroi qu'ils avaient acquittés pour leur introduction^.

Ce n'est pas sans raison que les libraires s'alarmaient; le 4 mars suivant 1559 un vieil employé

i. L'impression en avait été confiée au fameux imprimeur Blado. Caracciolo, Vita Pauli IV, p. 76. Cf. p. 767. 2. Cod. Vat. Urb. 1038, fol. 359; vol. 1039, fol. 651, 127.

de la Cour pontificale, Alessandrino Scultati que chacun estimait comme un très honnête homme, fut arrêté parce qu'il possédait des livres hérétiques; on les confisqua, on fouilla ses papiers et l'on entama contre lui un procès ^ Et Ton se rappelle comment les moines avaient été traités pour avoir devancé la loi.

Hors de Rome l'impression fut la même. Le représentant du grand duc de Toscane, Livio Torello, écrivait à son secrétaire Concino que rindex allait porter un tort considérable à tous les libraires, que ceux de Florence perdraient sûrement 100 000 écus et que le mieux serait de n'en tenir aucun compte, à l'exemple de ce qui s'était fait dans les villes de Venise et de Milan. Le grand duc se borna donc à faire détruire un certain nombre de livres qu'il désigna^.

Paul IV dut bientôt reconnaître lui-même que cet Index ne pouvait être maintenu dans son intégrité. L'année suivante (1559), il en publia une nouvelle édition avec des atténuations; elle porte la mention : Ad instantiam bibliopolarum, Blado l'imprima comme la précédente mais une autre édition fut donnée en même temps par Dorico car sans doute, ce livre si utile à ceux qui craignaient les rigueurs de l'Inquisition, eut une vente importante.

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