Cod. Vat. Urb., 1039, fol
2. On en fit une nouvelle destruction en 1570 sur la place S. Croce; le nombre des livres brûlés fut extrêmement élevé, ce qui montre que les Florentins avaient grand goût à les lire.
l'index.
Il y eut en tout cinq éditions. La quatrième porte un décret d'atténuation; c'est celle-ci qui fut reproduite à Naples, à Bologne, à Rimini et à Novare^
Le deuxième Index romain parut sous le pontificat de Pie IV, en 1564. Le concile de Trente avait nommé une commission, en 1562 pour étudier la question, car on reconnaissait que, nonobstant les dispositions si sévères de Paul IV, le nombre de livres « infâmes et hérétiques » allait croissant, et qu'il en était résulté « la chute de beaucoup d'âmes » (ordonnance du 13 mai 1563). Mais les Pères se perdirent en d'inextricables difficultés de rédaction et finirent par s'en remettre à la décision du pape; c'est pourquoi celui-ci décréta par une bulle, la confection d'un nouvel index, V Index tridentinus ou Index Ubrorum prohibitorum qui parut en 1564 et qu'imprima Aide Manuce^
Dix « règles » établissaient d'une façon générale les conditions d'après lesquelles un ouvrage doit être prohibée Les livres défendus sont classés en trois catégories. Dans la première sont énumérés les auteurs dont toute la production passée et à venir est interdite. Dans la deuxième, se trouvent ceux des livres d'un auteur qui sont interdits, sans qu'un ordre logique semble, d'ailleurs, avoir été suivi. Dans la troisième catégorie figurent les
i^l;^oî^w'^' ^^^"^^ po/emtca délia prohibizione de Libri, Rome, 1775, Cf. MoRONi, Diz. Eccles., vol. XVI, p. 211.
2. Il y en eut ensuite plusieurs éditions entre autres une à Lyon, 1564.
3. Conformément à la bulle, • Dominici gregis . du 24 mars 1564.
ouvrages anonymes. Toutes les traductions de la Bible sont défendues i'pso facto.
Parmi les auteurs, on trouve :
Albert Scott, Antonio Bruccioli, Ochino, Boccace, Machiavel, Gelio Curione, Pietro Aretino, Flaminio, Vermiglio, Vergerio, Valla.
Et parmi les ouvrages ;
Les facéties de Pogge ; De Immortalitate animarum de Pomponazzo; De Monarchia de Dante; Enarrationes d'Ovide^; Pasquillorum tomi duo; VAlcoran des franciscains... , Discorsi sopra i Fioretti, de saint François d'Assise.
L'Index de Pie IV resta le prototype des Index ultérieurs jusqu'au pontificat de Léon XIII.
Le 19 novembre 1570, Pie V accorda le droit au maître du Palais d'expurger les livres prohibés; le 5 mars 1571, le pape constitua la congrégation de rindex qui fut composée de quatre cardinaux. Elle tint sa première séance, le 17 mars, dans le palais du cardinal Jérôme Souchier, abbé de Glairvaux; les trois autres membres de la commission étaient le cardinal de Montalto (Sixte V), le cardinal Archangelo Bianchi, évêque de Teano et le cardinal Benedetto Giustiniano, trésorier de la chambre apostolique.
La commission se réunit ensuite dans la demeure du cardinal préfet, puis au palais apostolique. Lorsqu'on dénonçait à la congrégation un livre comme suspect, elle en confiait l'examen à un
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L'INDEX. . -
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rser en faveur de certaines personnes- il ^n f.,, aeterm » de Sixte V, en date du 22 janvier nss
«régoire XIII confirma, le 13 septembre 1572 les pouvoirs de la congrégation de l'Index '
leuuie afin de pouvoir être affiché; il renfermA seulement quatre-vingt-deux noms rangés "
crean^a Dialogues de Speroni; De Monarchia- Opuscues de Contarini ; œuvres de Cardanus'
LA RifORMS EN ITAUB. — U. jj
antérieures à 1574; Le Pecorone\ Le Cortegiano\ œuvres de Folengo ; Orlandino ; Gli Hecatommithi, de Gio. Batt. Giraldi; œuvres de Nie. Franco, Nouvelles de Sansovino, de Straparola, de Bandello; Poésies de Bembo... *.
Le pape Sixte V fit paraître en 1590, un nouvel index portant l'indication de certains livres récemment publiés. Le 20 juin 1587, il avait demandé aux divers représentants de l'Eglise des indications sur les livres suspects.
Clément VIII prescrivit le 17 octobre 1595, par la bulle « Sacrosanctum catholicae fidei », la rédaction d'une nouvelle édition de l'Index composée d'après les travaux des cardinaux membres de la Congrégation. Elle parut en 1596.
LA LUTTE CONTRE l'iNQUISITION ESPAGNOLE A NAPLES.
Quand Gonsalve de Cordon s'apprêta à pénétrer dansNaples, en 1503, les habitants, persuadés qu'il allait introduire les procédés espagnols d'inquisition, ne manquèrent pas de demander qu'il prît un engagement à ce sujet dans le serment par
\. Dans rindex de Parme (1580) on relève :
Platina.
Évangile et Bible en traduction.
Baldassare Castiglione, Il Gor-
tegiano.
Parabosco. Discorsi.
Gasparo Gontarini. Opéra.
Pulci. Morgante.
Cardano. Opéra.
Bandello.
Firenzuola.
Nie. Franco. \ Nouvelles.
Straparola.
Pecorone.
Bembo. Rime.
Arioste. Satires.
Sperone. Dialo^.
lA tUTtE CONTHE t'iNQtilSITION A NAl-tB». I63
jeçuel il s'engageait à respecter leurs franchises La précauuon n'était pas vaine car l'année 1 vante, le grand inquisiteur espagnol Diego Deza
radoTn '."r^^^^'î- ^^ Messine, Pietro Be b! rado inquisiteur e« Sicile, d'exercer les mêmes onctions à Naples; c'était assimiler les d'ux
c r dl " ""'"""^ '^^'^""''^ approuvèrent cette décision et adressèrent à Gonsalve deux
lettres, en date du 30 juin 1504. dans lesque Jes
Is insistaient sur la nécessité de délivrer le
g>es, Ils le déliaient en même temps de tout engagement pris à ce propos par lui en son nom pfr-
car/iqui:..!' " " '"" '^ ^'^^ *^- p" •«-
Cependant, craignant quelque résistance Gon salve établit d'abord l'Inquisition à Re^lZ
Sa nt S ."" ' ^.'"' '''I"^^ ""^ représentant du
Samt-Siège aurait figuré à côté des inquisiteurs
contrairement à ce qui se pratiquait en Es^IT
Sur ces entrefaites, le roi Ferdinand. auqLfon
avait insinué que Gonsalve cherchait à se^rendrî
mdependant. vint à Naples où il séjourna plus de
huit mois, de novembre 1S06 à juin 1S07; il g'y
Contre-Révolution n iRR n pI ' ^' ^^^' Pa»"pP80N. La
convainquit à ce point que l'Inquisition espagnole n'y serait point supportée qu'il confia la direction des tribunaux inquisitoriaux au moine Barnaba, délégué par le Siège apostolique (26 mars 1507). Même sous cette forme atténuée, les habitants du royaume ne subissaient pas sans difficulté la présence des inquisiteurs. Quand Barnaba voulut exercer ses pouvoirs à Amalfi, le vice-duc s'y opposa et le vice-roi, Ripacorsa, qui avait remplacé Gonsalve, dut lui enjoindre de ne point entraver les efforts de l'Inquisition mais, au contraire, de les favoriser (i" octobre 1507). Il en écrivit également à la duchesse d'Amalfî qui, un peu plus tard, devait pencher vers le protestantisme et faire partie du cénacle de Valdès. Cependant l'affaire traîna en longueur car, le 21 mai 1508, le vice-roi adressait une lettre, ayant le même objet, à l'archevêque d'Amalfi.
En fait, trois inquisitions fonctionnaient alors dans le royaume, l'Inquisition archiépiscopale comme dans tous les autres diocèses; l'Inquisition confiée par Rome aux dominicains et l'Inquisition d'État. Vers la fin de l'année 1509, le roi d'Espagne reprit l'idée d'introduire dans son nouveau royaume l'Inquisition d'Espagne, indépendante des trois autres; cet événement eut lieu en octobre, alors que le nouveau vice-roi, Raimond de Cordoue, n'était pas encore venu remplacer Ripacorsa.
Le 18 octobre, arriva à Naples Tévêque de Cefalu lequel avait été le cpadjuteur pour l'Inqui-
LA LUTTE CONTRE L'iNQUISITION A NAPLES. 165
sition de Tarchevêque de Messine. Il venait de Rome ce qui donna à croire qu'il avait reçu l'investiture pontificale et qu'il comptait exercer à la manière italienne les fonctions d'inquisiteur dont il était revêtu. Tout autre était son intention. Néanmoins il n'en laissa rien paraître.
Un peu plus tard survint, pour se joindre au tribunal, Andréa Palazzo qui, n'étant pas clerc, pouvait appliquer la peine de mort et procéder à des confiscations. Aussitôt la ville fut en rumeur; le bruit s'étant répandu qu'il se préparait une procession expiatoire, un auto-da-fé, on décida de s'y opposer. D'un accord unanime, il fut décidé qu'une députation serait envoyée au vice-roi et, peu de jours après l'arrivée de Palazzo, le 4 janvier 1510, les représentants de la noblesse, de la bourgeoisie et du peuple se rendirent auprès du vice-roi pour lui témoigner que leurs concitoyens ne voulaient pas être exposés à des poursuites pour des crimes qu'ils ignoraient, ni dépouillés de leurs biens sur une dénonciation anonyme et intéressée. Le viceroi proposa qu'une mission se rendît auprès du roi pour lui exposer les doléances des Napolitains, et il s'engagea à ne pas accorder l'appui du bras séculier à l'Inquisition tant que la réponse du roi ne serait pas connue. Le 25 avril, l'envoyé napolitain s'embarqua; le roi Ferdinand le reçut et lui prodigua les bonnes paroles mais sans s'engager par aucune promesse.
L'agitation cependant grandissait à Naples; des réunions tumultueuses avaient lieu dans lesquelles
les citoyens, venus en armes, criaient « Mort à l'Inquisition » et « Vive le roi » car on était à Naples très attaché à l'Espagne. Les barons se réunissaient dans les églises et déclaraient qu'il valait mieux mourir que permettre à l'Inquisition d'opérer comme l'entendait le vice-roi. Le peuple et la noblesse firent ensemble une procession pour manifester leur union; nobles et citadins y marchaient côte à côte (28 octobre 1510). Le vice-roi n'osait prendre de décision car la situation lui paraissait mal sûre; il disposait de peu de troupes, les symptômes de révolte dans le reste du pays se multipliaient et il y avait de nombreux ennemis de la puissance espagnole en Italie.
C'est pourquoi, le 19 novembre, le vice-roi annonça qu'il avait reçu une lettre du roi lui portant que la Foi était si purement et si sincèrement pratiquée dans le royaume de Naples, qu'il ne jugeait pas nécessaire d'y établir l'Inquisition. Le vice-roi ajoutait que deux pragmatiques accompagnaient et confirmaient cette décision. L'enthousiasme fut grand d'abord dans la ville puis on insinua que les pragmatiques contenaient le contraire de ce qu'avait annoncé le vice-roi et qu'il n'avait eu d'autre objet que de tromper la confiance de la population; il y eut des mouvements populaires; sur quoi le vice-roi décida de surseoir à la publication des pragmatiques. Quand deux jours plus tard, les alguazils voulurent en donner lecture sur les places, la foule les entoura, les menaça et ils durent regagner précipitamment le château. Après
LA LUTTE CONTRE L INQUISITION A NAPLES. i67
plusieurs entrevues entre les délégués de la population et le vice-roi, il fut convenu que les pragmatiques seraient considérées comme publiées et qu'il serait déclaré que conformément à la lettre du roi, l'Inquisition continuerait comme dans les temps anciens, sans changement. A vrai dire, la traduction de la lettre du roi donnée par le vice-roi était volontairement altérée, mais en fait, l'inquisiteur Palazzo quitta la ville et il n'y eut pas de modification dans l'organisation de l'Inquisition qui demeura diocésaine. Les procès relatifs à la foi furent d'ailleurs rares jusqu'au temps où « l'hérésie luthérienne » commença à s'infiltrer dans le royaume de Naples. Comme on l'a dit, les premiers ferments y furent importés par les soldats de Charles- Quint lorsqu'ils vinrent à Naples, en 1528, après le sac de Home, mais ils tardèrent à se développer.
Les doctrines que Valdès répandit un peu plus tard, avaient un caractère très spécial qui en limita l'extension.
Il en fut autrement quand Oçhino et Buzio se mirent à prêcher. Leur succès fut si grand que, vers 1540, on comptait dans le royaume de Naples près de trois mille hérétiques, si toutefois il faut en croire le P. Caracciolo, porté à quelque exagération voulue. Aussi, dès 1541, les rigueurs commencèrent-elles. Il y eut douze condamnations cette année. En 1542 deux conseillers de la cour qui avaient fréquenté chez Valdès furent exilés; l'un deux, Scipione Capece, était à la tête d'une académie, TAccademia Pontaniana, qui fut dissoute.
En même temps, le vice-roi, Pietro de Tolède, chargeait les prédicateurs de mettre les fidèles en garde contre les dangers des opinions nouvelles et ordonnait la destruction des livres hérétiques tel que le Benefîcio di Cristo et le Sommario. Le 15 octobre 1544, il publiait une ordonnance interdisant la vente et la lecture de tous les livres relatifs à la théologie et à TÉcriture sainte parus depuis vingt-cinq ans, à moins d'autorisation du chapelain royal; il ne devait pas être tenu compte des autorisations accordées par l'archevêque dont rinquisition tendait à restreindre les pouvoirs. Le mouvement qui poussait les esprits éclairés vers Tétude des textes anciens, l'examen des questions philosophiques et la discussion des problèmes de morale était si grand que trois académies surgirent néanmoins presque en même temps vers cette époque, les Ardents, les Sereins, les Inconnus. Le vice-roi les supprima toutes trois^ Craignant ou feignant de craindre que l'Inquisition archiépiscopale serait impuissante à entraver cette poussée, il demanda au roi d'Espagne de permettre rétablissement d'une Inquisition indé-
1. Fra Paolo Antonio, Florentin, prêcha si éloquemmenl le carême de l'année 1547, que le vice- roi sollicita et obtint du pape l'autorisation de le faire venir pour le prochain carême mais, entre temps, en février 1548, il fut arrêté à Rome comme hérétique. Lui-même avait, six années auparavant, fait mettre en prison à Venise un moine comme hérétique, fra Giulio de Milan, dans le siècle Giuseppe délia Rovere. Cependant les charges qui pesaient sur lui étaient sérieuses et il dut abjurer solennellement après être resté des mois dans les prisons de la Torre di Nona. LuiGi CAïiCEKKm, L'Eretico fra Paolo Antonio, Florence, 1911.
LA LUTTE CONTRE L'iNQUISITION A NAPLE8.
pendante. Le souvenir des événements de 1510 empêcha l'envoi d'un inquisiteur espagnol; le Saint-Siège sollicité, désigna donc un moine dominicain résidant depuis quelque temps à Naples. Vers la fin de l'année 1546, le vice-roi, poursuivant son dessein, écrivit à son frère, Giovanni de Tolède (San Sisto), l'un des six cardinaux inquisiteurs, pour lui demander de négocier avec le pape l'envoi d'un commissaire. En février 1547, Paul III accéda à ce désir. Toutefois, on avait pris la précaution de déclarer que la juridiction du nouveau tribunal serait limitée aux seuls clercs. L'archevêque n'en prit pas moins ombrage et refusa de laisser publier le bref qui l'établissait. On ne doutait pas, d'ailleurs que Pietro de Tolède, dont on connaissait les tendances, ne manquerait pas de donner à la nouvelle inquisition la forme espagnole. Il en fut qui pensèrent même que Paul III n'avait donné si facilement son assentiment, que parce qu'il prévoyait que le vice-roi serait forcément entraîné à agir ainsi et qu'il en résulterait des difficultés dont il pourrait profiter et dont pâtiraient les Espagnols.
Effectivement dès que les Napolitains apprirent la remise du bref au vice-roi, leur émotion fut extrême; une députation s'en fut trouver Tolède pour lui demander de s'opposer à son exécution; il répliqua qu'il ne le connaissait pas. On jouait sur des mots. Le peuple tenait pour le maintien de la juridiction de l'ordinaire, c'est-à-dire de l'archevêque; le vice-roi protestait que « les
voies ordinaires » seraient suivies, c'est-à-dire les voies ordinairement employées en cas d'hérésie. Mais l'effervescence augmenta. Plusieurs colloques furent sans résultat. Le il mai (1547) parut un édit plus explicite qui provoqua un commencement d'insurrection. Le vice-roi appela des environs trois mille soldats espagnols ; le 16 mai ils sortirent du château et se mirent à tuer hommes, femmes et enfants aux alentours; les habitants leur coururent sus; il y eut vingt-cinq Espagnols tués et deux cents Napolitains. Les canons de la forteresse et de la flotte avaient tiré. Survint la nouvelle de la victoire de l'empereur à Muhlberg remportée sur rélecteur de Saxe. La ville s'illumina trois soirs de suite et deux ambassadeurs furent envoyés à Charles-Quint car le respect et le dévouement des Napolitains demeuraient entiers envers leur nouveau maître. Toutefois, en même temps, le peuple et la noblesse assemblés dans la cathédrale signèrent un acte d'union pour la défense des intérêts communs. Les Espagnols étaient pourchassés dans la ville; un certain nombre furent tués; quantité de personnes prudentes quittèrent la ville. Le 26 mai le vice-roi fit opérer une sortie; ses soldats, munis d'appareils incendiaires, détruisirent partie d'un quartier; les habitants ayant à leur tête un drapeau aux armes espagnoles marchèrent contre eux.
A la fin du mois de juillet, on se battait encore; les Napolitains saccageaient les maisons des Espagnols et des nobles qui avaient pris parti pour le