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Pallavicini donne la date du 21 mai

L OBLIGATION DE LA RESIDENCE

VU attribuer parce qu'on pensait que peu importait la qualité de ceux qu'on investissait de la dignité épiscopale, du moment qu'ils ne devaient pas l'exercer de fait.

Mais si on était d'accord sur la nécessité de la résidence, il y avait plus d'un membre du concile qui redoutait d'en voir imposer l'obligation car c'en eût été fait alors des charges lucratives en cour de Rome, du cumul des évêchés, des bénéfices multiples.

Dès la séance du 9 juin 1546, la plus grande partie des membres du concile, consultés l'un après l'autre, opinèrent que la résidence « était chose excellente et qu'un mari ne pouvait avoir deux épouses à la fois ». Ils ajoutèrent, comme pour donner plus de force à cette obligation mais en réalité pour compliquer le débat et faire probablement échouer la proposition, que la résidence était c< d'institution divine ». C'était, eu effet, mettre en question et même en péril l'autorité du Saint-Siège; les évêques se seraient trouvés presque les égaux du souverain pontife; un évêque cité à Rome pourrait refuser de s'y rendre en objectant que l'obligation de la résidence était de même essence que le pouvoir du pape.

La discussion fut, au reste, presque aussitôt suspendue pour traiter de la Justification et Ton ne s'occupa de nouveau de la résidence qu'à la fin de décembre. Dans la séance du 30 décembre 1546 le cardinal Pacecco soutint que la résidence était de droit divin et que celui qui ne résidait pas

était « un chien impudique ». On expliquait que la résidence était de droit divin parce que les apôtres avaient chargé les pasteurs de diriger leur troupeau et qu'ils ne pouvaient le faire qu'en résidant au milieu d'eux i; quelques-uns objectaient que la résidence n'était pas de droit divin puisque le souverain pontife pouvait déplacer les évêques, mais il leur était répliqué que le droit existait d'une façon générale et non locale, tn génère mais non in casu. L'évêque Catarino, de l'ordre des prêcheurs, fut d'avis que l'épiscopat est d'institution divine dans le pape seul et d'institution papale dans tous les autres évêques à qui le pape assigne le nombre de leurs brebis et, comme le pape peut leur en assigner peu ou beaucoup, il peut ainsi leur commander d'exercer leur charge par eux-mêmes ou par autrui. D'autres mais en petit nombre, prétendaient que le devoir de résidence n'était pas divin.

Le cardinal Del Monte résumant les débats, se plaignit vivement des retardements qu'y apportait le trop de subtilité des opinants; il ne fuyait pas la discussion, disait-il, mais ne voyait pas pourquoi on cherchait tant une solution sur un point

1 Lors de la discussion sur le - décret - relatif aux prédicateurs (mai 1546) l'archevêque de Palerme, plus tard cardina Pielro Tagliavia, avait déjà fait remarquer que si 1 on déclarait que l'obligation de prêcher était imposée aux évêques de droit dWin parce que les apôtres avaient charge les pasteurs de porter la parole divine, cependant ils ne pouvaient être contraints de prêcher s'ils n'étaient instruits en théologie, sans quoi tous les évêques et cardinaux et le pape ui-même auraient péché en ne prêchant pas. Ehses, vol. V. p. 129.

L OBLIGATION DE LA RESIDENCE

que les conciles précédents n'avaient pas jugé à propos d'élucider.

Deux autres difficultés avaient été soulevées, celle des empêchements et celle des sanctions; les empêchements étaient de deux sortes, ceux que créaient les princes ^ et ceux que créait l'autorité ecclésiastique; quant aux peines, la grande majorité inclinait à ne pas statuer et à laisser en vigueur les anciens canons. Au surplus, disait l'évêque de Matera, les évêques ne s'éloignaient-ils pas fréquemment de leurs diocèses pour des missions de paix, pour assister à des conciles ou à des synodes, pour obéir aux injonctions du souverain pontife, et le bien de l'Église ne devait-il pas l'emporter sur celui d'un diocèse? L'évêque de Vaison, Giacomo Cortese, enchérissant sur ces paroles, dit que si les évêques ne résidaient plus, c'était principalement parce que les moines rendaient leur résidence impossible; n'étant pas soumis à leur juridiction, ils prêchaient comme ils l'entendaient, se faisaient un jeu de ruiner leur autorité et de leur créer des embarras. En outre les évêques étaient empêchés de recruter leur clergé à leur gré à cause des licences, des concessions, des interventions perpétuelles qui entravaient leurs choix. En conclusion il faudrait, dit l'évêque, pour rendre utile la résidence, restituer aux évêques leur autorité, ensuite seulement cette résidence pourrait

1. L'évêque de Vaison, par exemple, se plaignit qu'il ne pouvait résider parce que le Parlement de Paris avait saisi ses revenus.

l'obligation DE LA RÉSIDENCE.

leur être imposée ^ L'évêque de Fiesole, Braccio Martelli, parla dans le même sens (8 janvier 1547). Ainsi le débat se transformait en une attaque contre les préro^^atives des ordres monastiques 2. L'évêque de Clermont qui présenta le même jour un long exposé des abus et des remèdes, aurait voulu qu'on organisât des inspecteurs de

l'épiscopat.

Comme il arrive toujours dans les réunions délibérantes, il se rencontra quelqu'un pour dire une chose logique et proposer la seule solution rationnelle et il ne fut pas entendu parce que les passions étaient excitées et que les solutions pratiques et simples sont rarement agréées dans l'ardeur d'un débat; l'évêque de Porto proposa donc qu'on commençât par réformer les évêques, qu'on tînt compte de leurs mœurs, de leur vie passée, de leur âge. Si on les choisissait bien, disait-il, d'euxmêmes ils rempliraient leurs devoirs et tiendraient à honneur de résider dans leurs diocèses.

Dans la séance du 13 janvier 1547, le cardinal Del Monte proposa un décret : Ad restitnendam coUapsam admodiim ecclesiasticam disciplinam qui tenait compte, dans la mesure du possible '\ des

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