A. Alberi, Relaz. Ser. II, vol. lY, p
la vie pouvait lui offrir d'attrayant, succédait un ascète^ Pie V avait Taspect grave, des yeux petits, enfoncés, perçants, le nez fortement aquilin, le teint mat; il était émacié; tout en lui, sa tète chauve et puissante, son parler lent et méditatif, la dignité de son maintien, en imposaient. A soixante-deux ans^ il en paraissait soixantequinze^; il buvait et mangeait peu, ne se nourissant guère que de lait d'ânesse. Son humilité était extrême et sa ferveur sincère. Il répétait qu'étant moine, il espérait sauver son âme, que devenu évéque et cardinal, il douta d'y réussir, et que pape il en désespérait^. L'envoyé vénitien Soriano dit de même que le pape considérait son élévation « comme un empêchement au salut de son âme et à la gloire du paradis ». Il jeûnait les vigiles, le carême et l'avent, disait la messe et faisait ses oraisons chaque matin avant de s'occuper d'affaires et était parfois si ému |uand il officiait qu'il en versait des larmes. Il portait une chemise de serge comme du temps qu'il était moine.
Il ne fit pas de népotisme, toutefois le 6 mars 1566, c'est-à-dire deux mois après son élection, il nomma cardinal avec 25000 écus de rente.
1. Jacob de Laderchio. Ann. Ecoles. Seg. al Reynaldi, vol. II, XXIII, Rome, 1733, p. 202.