Bullarium, vol. VII, p
employa avec la dernière énergie, d'autre part à poursuivre ceux qui attaquaient la catholicité, qu'ils fussent foncièrement hostiles ou qu'ils voulussent seulement l'amender. Le !•' avril 1566, il publia la bulle « Cum primum » qui fixait le détail du culte dans les églises et édictait des peines contre les blasphémateurs, les simoniaques et les concubinaires. La bulle « Circa pastoralis » du 29 mai 1566, défendit aux nonnes de sortir de leur clôture sans autorisation, excepté en cas d'incendie, d'épidémie ou de maladie, et aussi de faire des quêtes dans un intérêt personnel.
La bulle « Regularium personarum i> du 24 octobre suivant, la compléta en interdisant aux femmes laïques, même si elles en avaient reçu le droit, de pénétrer dans les couvents, ainsi que cela se pratiquait et se pratiqua même après, si fréquemment.
La bulle « Cum, sicut accepimus » du 3 juin 1568, enleva aux frères mineurs couventuels la surveillance des nonnes pour l'attribuer à « l'ordinaire».
Certains ordres dont le pape connaissait l'austérité, furent l'objet de sa bienveillance. La bulle « Dum ad uberes » du 29 juillet 1566, déchargea les ordres mendiants de l'obligation de loger des soldats comme aussi de toute imposition. Pie IV avait d'ailleurs accordé la même faveur aux religieuses par sa bulle « De statu ecclesiarum » en date du 5 avril 1560. Par la bulle « Romanus Pontifex » du 3 octobre 1567, Pie V désigna d'autres ordres qu'il exonérait également d'impositions ;
c'étaient, outre les dominicains, les franciscains, les augustins, les carmes, les servites, qui avaient le titre de mendiants, les minimes auxquels il accorda ce titre et les jésuates ainsi que les jésuites^
En 1569, le pape fit visiter par Mgr Ormaneto, le fameux monastère de S. Gregorio, l'un des plus importants de la ville, et l'on découvrit que les moines étaient en retard de trois mille messes et avaient employé frauduleusement Targent qu'on leur avait remis pour les dire. Le pape, indigné de cette extrême négligence, dit le chroniqueur, obligea les moines à faire célébrer les messes omises en payant un giulio par messe (1" octobre 1569)^
Défense fut faite de parler dans les églises, d'y rire, d'y mendier, de causer sur le seuil après les offices; les tombeaux qui les encombraient furent démolis. Le mal était général. A Ferrare, on parlait, on plaisantait dans les églises, on y faisait des affaires, les cérémonies étaient sans cesse interrompues^.
Des règles strictes, des règlements somptuaires furent institués afin d'empêcher le clergé de faire montre de luxe; le pape déclara même que les cardinaux qui auraient des dettes pourraient être poursuivis judiciairement par leurs créanciers comme de simples particuliers.
1. Cf. Bulle, « EtsiMendicantium .,du 16 mai-3 septembre 1567