‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 268 sur 470 · Pio Spezi, p · texte numérisé non relu

Pio Spezi, p

détournées afin de se soustraire aux outrages de la populace et demanda à être reçu par Gonzaga bien qu'on lui eût appris que celui-ci avait résolu de le faire mettre en prison sans l'entendre. Sa ferme attitude triompha de l'ardeur de ses ennemis et il put, après s'être justifié, aller à Rome afin de s'y expliquer devant les cardinaux inquisiteurs. Ce fut à cette occasion que le grand inquisiteur Carafa apprit à le connaître, en sorte que l'incident de Côme fut, en quelque sorte, l'origine de sa haute fortune (1550).

Quand il s'était agi d'engager des poursuites contre l'évèque Vittorio Soranzo, et d'aller le sommer de comparaître à Rome, ce fut lui, on l'a dit, que le Saint-Siège chargea de cette délicate et même périlleuse mission^.

C'est pourquoi Paul IV le nomma cardinal le 15 mai 1557 et commissaire général de l'Inquisition l'année suivante. Durant huit ans, il dirigea en cette qualité les travaux de la congrégation, la stimulant de son zèle et l'animant de sa rigueur car, disait-il, « en matière d'Inquisition, on n'en fait jamais assez ».

Elu le 7 janvier 1566, après l'échec du cardinal Morone et grâce au cardinal Borromée, il aurait voulu prendre le nom de Paul en souvenir de Paul IV qui l'avait tant poussé, mais ce nom était encore odieux aux Romains ; Borromée lui

1. CosT. CoRVisiERi, dans Archiv. Soc. Rom. di Storia Patria, vol. III, an. 1880, p. 289. D. Bernino, Hist. di tutte le Eresie..,, Rome, n09, vol. IV. p. 490.

persuada de prendre celui de son oncle Pie IV bien qu'il se proposât tout autre chose que de poursuivre sa politique. Selon la coutume, le peuple pilla sa maison dès que son élection fut connue et avec d'autant plus d'acharnement que sa nomination l'avait consterné, car on redoutait beaucoup son rigorisme. Tous les documents qu'il avait chez lui comme commissaire général du Samt-Office disparurent, soit que les Romains eussent voulu ainsi témoigner leur haine persistante contre 1 Inquisition et en sauver les victimes, soit que les amis des suspects aient profité de occasion pour faire disparaître les pièces accusatrices. Toutefois le pape fît opérer de si exactes recherches qu une grande partie en fut retrouvée Le premier acte de Pie V fut de déclarer que tous les magistrats civils de Rome, sénateur gouverneur et autres officiers, ainsi que les clercs de la Chambre apostolique, les gouverneurs de provinces, les barigels, les juges, devaient obéir aux inquisiteurs et leur remettre les personnes suspectes d hérésie, même si elles étaient accusées d un autre crime relevant de leur juridiction 11 recommandait aux souverains et à tous ceux gui détenaient une autorité quelconque, d'aider les

Page 1