irf., p
4. Rivista Cristiana, an. VIII, fasc. III, p. 96, fasc. IV, p. 139.
Amato Cerulli et Lucio Manini, accusés d'avoir été complices d'hérétiques, furent condamnés, le premier à sept ans de galères, le second à la prison à perpétuité.
Andréa Furlano, regrattier à Rome, fut condamné, pour avoir vendu des livres hérétiques, à la confiscation de sa marchandise et à 500 écus d'amende.
Geronimo Artesio d'Aversa fut aussi condamné ce même jour à la prison perpétuelle. « Né de parents hérétiques, dit l'acte d'accusation, instruit par Calvin, Théodore de Bèze et Pietro Martire tu as persévéré dans l'hérésie et, nommé maître à Perouse pour la langue grecque, la langue latine et surtout pour la langue hébraïque, tu es entré au séminaire où tu n'as pas fait mystère de tes sentiments. Arrêté et interrogé, tu as confessé une partie de tes erreurs. Amené à Rome dans les prisons du Saint-Office, tu as été convaincu de diverses idées hérétiques ; tu prétends que la messe est une idolâtrie, que la foi est le seul moyen d obtenir la justification et le salut, que le purgatoire n'existe pas, qu'il n'y a que deux sacrements, le baptême et la cène. »
Leur sentence fut lue publiquement à tous ces condamnés le 26 février 1567, dans l'église S. Maria sopra Minerva selon la coutume. Depuis quelques jours les Romains étaient dans une grande impatience ; on s'attendait à voir brûler seize hérétiques ; on pensait qu'il en serait amené aussi de Naples et de Bologne. Dix luthériens seulement furent con-
duits à la Minerva entourés de chevau-légers et de suisses; presque tous les cardinaux présents à Home, la cour pontificale, de nombreux spectateurs emplissaient les trois nefs de Téglise, on était surtout curieux de revoir sous le sanbenito infamant don Basileo dont les prédications avaient tant attiré naguère la foule dans les églises et qui, en fait, n'avait pas péri dans les tourments comme on l'avait répété. Il parut vêtu d'un sanbenito jaune marqué de deux croix de Saint-André, l'une sur la poitrine, l'autre sur le dos, et coiffé d'une tiare de carton peint fort haute. On lui lut sa sentence qui le déclarait coupable d'avoir considéré comme vraies, depuis plus de vingt ans, dix-sept propositions hérétiques; il avait nié le purgatoire, l'autorité du pape, l'efficacité de l'intercession des saints, approuvé le mariage des prêtres...; il fit preuve d'un profond repentir, pleura abondamment et fut condamné, comme on a dit, à la prison perpétuelle. Les autres hérétiques se rétractèrent à leur tour et abjurèrent ^
Le 3 mai 1567, Francesco Vinta de Volterra convaincu de professer des doctrines hérétiques, d'entretenir des relations avec les hérétiques et de posséder des livres hérétiques, fut condamné à la prison « ad libitum Inquisitionis^ ».
Le 31 mai 1567, il y eut cinq condamnations^;
1. Bertolotti, p. 37. Rivista Crisliana, an. VIII, fasc, III, p. 96, Cod. Vat. Urb., 1040, fol. 367.