‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 292 sur 470 · Cod. Vat. Urh., lOil. fol · texte numérisé non relu

Cod. Vat. Urh., lOil. fol

PONTIFICAT DE PiE V. 307

rétracter; il eut la vie sauve mais lorsqu'on le replaça dans sa cellule il respirait à peine.

Bartolommeo Bartoccio de Città di Castello, au contraire, persista fermement dans ses opinions et fut brûlé vif devant une foule considérable. Alessandro Bartoccio eut dix ans de galères. Guido de Fano ou Guido Zanetti abjura et fut condamné à la prison perpétuelle. Il avait réuni la plus belle collection de livres hérétiques qu'il y eût à Rome ; la plupart lui venaient de Londres où il avait séjourné en 1537; l'arrestation d'un certain nombre d'hérétiques qui eut lieu à Rome en 1545 le fit fuir à Naples, d'où il passa à Venise, puis en Suisse et en Allemagne. Donato Rullo, qui partageait ses idées, lui fit passer quelque argent. Mais il commit l'erreur de retourner à Venis'e; il y fut arrêté en 1561 puis relâché; cinq ans plus tard, il était de nouveau emprisonné à Padoue et cette fois livré à l'Inquisition.

Son arrestation avait donné lieu à d'assez vives discussions entre le Saint-Siège et la République vénitienne. Le 23 juillet 1566, le cardinal Alessandrino, grand inquisiteur, avait écrit au légat à Venise, Fachinetti, évêque de Nicastro, pour lui dire que rien ne serait plus agréable au pape que si la Seigneurie lui livrait Guido, mais le Conseil des Dix auquel il transmit ce vœu, avait répondu que Guido se trouvait dans les prisons de l'Inquisition et non dans celles de l'État et qu'on ne pouvait faire plus que de l'y laisser; quant à l'envoyer à Rome, il n'y fallait pas songer car l'autorité de

l'Inquisition vénitienne se trouverait diminuée si elle était privée de la connaissance des faits qui tombaient sous sa juridiction et que, d'autre part, « ce serait donner un juste fondement de plainte aux gens qui vivent sur le sol de la République ». La Curie romaine pouvait d'ailleurs envoyer un juge spécial pour instruire son procès et décider de son sort mais il ne convenait pas de l'extrader. Le Saint-Siège insista. « Il aurait autant de plaisir, disait le nonce, à avoir gain de cause en ceci que si la République lui cédait l'une de ses principales villes. » La Seigneurie se laissa convaincre et, le 10 août, elle consentait à céder Guido qui fut envoyé à Ravenne dans une felouque garnie de cinquante hommes armés, car on craignait beaucoup que s^s amis lie le délivrassent en route. Il avoua trente-huit propositions hérétiques'.

Giacomo Neruzzi ou Neriizio de S. Gemignano, moine augustin, fut condamné à la prison perpétuelle.

Eusébio Ràzza, dé Romagii'e, fut condamné à la prison perpétuelle.

Michel Udenet, Français, à dix ans de galères.

Le 30 août 1569, trente ifemmes furent conduites au Saint-Office^. Le 8 octobre 1569, un ancien gouverneur de Rome du temps de Pie IV, Pallantieri, fut mis en prison pour avoir, nibyen-

1. Archiv. Seg. Vat., Nunz. Venezia, vol. III, c. 20 et suiv. vol. XVII, c. 11. Lettre du 27 juillet 1566.

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