‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 312 sur 470 · E. Rota, p. 506. B. Cecchetti, vol. I, p · texte numérisé non relu

E. Rota, p. 506. B. Cecchetti, vol. I, p

Rome. La confusion fut extrême à la cour pontificale. On y prêtait à l'archevêque les desseins les plus amb.t,eux; on l'accusait de faire montre d'une simphcte de vze qui n'était qu'apparente et 2 vouloir innover, ce qui était ou semblait être le plus crue des reproches. Le cardinal Alessandrino Bonelb le neveu de Pie V, conseillait au pape d en référer au roi Philippe IL Un envoyé spécfa fut charge de présenter à Rome les doléances des Milanais.

Dans cette singulière affaire, Borromée recommandait très généreusement à l'accueil bienveillant du pape celui qui allait porter plainte contre lui. « Le président du sénat, lui écrivait-il, n'a pas agi avec des mauvaises intentions; sa bonté, sa vie permettent de l'affirmer; il a suivi son imaginat^n pensant ne pas se tromper. , Et il vantfit sa pieté, son zèle et sa vertu

Borromée venait d'ailleurs de fournir une preuve de son dévouement à la population milanaise en suppliant le pape de ne pas donner suite à une bune publiée 1 année précédente (1567), dans aquelle il déclarait que désormais le tribuna mquisitoria procéderait à Milan non seulement par voie d inquisition, c'est-à-dire par enquête rnais aussi sur simple dénonciation anonyme ou

lïes ' . ?r ''.*'^«-.-* -- constitutions' impé riales L année suivante (1568), il réunit un

deux, me synode provincial; la première séance

furen^H . ^f''' 1"«^^°t«-deux résolutions furent décrétées; l'une était relative à l'impression

LA BiFORME EN ITALIE. — H.

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et à la vente des livres; elle imposait le visa aux imprimeurs sous peine dexcommun.cation, de destruction publique des livres, de suspension du privilège •.... Un synode tenu l'année suivante (1569) défendit aux moines d'enseigner aux femmes à lire, à écrire.à chanter, ou à jouer d'un mstrument de musique quelconque.

Cette activité réformatrice de l'archevêque, impliquait une résolution inébranlable d'imposer sa volonté, car il ne pouvait admettre d'autre autorité que la sienne sous peine de laisser se liguer contre lui tous les intérêts menacés el de voir ses efforts compromis ; il devenait de plus en plus intraitable en ce qui touchait ses prérogatives.

Mais le roi d'Espagne, sollicité de nouveau par lui, ne seconda pas plus qu'avant ses ambitions et chargea même son ambassadeur de lui reprocher son antagonisme envers le sénat et sa démarche auprès du pape. Bien plus, l'ambassadeur se rendit à Rome et obtint du pape que les sénateurs n'auraient pas à rendre compte à l'archevêque de leur conduite. Un peu plus tard, le gouverneur interdit aux gardes de l'archevêché de paraître en armes, selon la coutume, à la fête du Saint

Sacrement.

Le cardinal Borroinée ne renonça nullement pour cela aux droits de police et de répression dont il se pensait investi et agissait en conséquence. Aussi le gouverneur prit, le 26 août 15by,

,. Acta Ecoles. Mediol., vol.I,p. 51. 266. Il f «"'"V"»^"*""' synode en 1572, d'autres suivirent en 15, i, 151», I5i»....

SAINT CHARLES BORROMÉE A MILAN (l565-158i). 355

un arrêté défendant à quiconque « de diminuer l'autorité du roi ». Tous les magistrats au service de Borromée. juges, notaires, conseillers, se sentant menacés, lui refusèrent dès lors leur concours. Même dans son clergé, Borromée avait grand*peine à se faire obéir. Le chapitre de S. Maria délia Scala prétendait avoir été soustrait à la juridiction épiscopale par une décision du pape Clément VII prise sur la demande du dernier duc de Milan*; le cardinal Borromée, qui ne connaissait pas ce privilège, manifesta son intention de visiter et d'inspecter cette église comme les autres. Le pape consulté lui en reconnut le droit mais les chanoines, poussés dit-on par les jésuites, se refusèrent à subir ce contrôle (août 1569). Le jour où l'archevêque devait venir, ils revêtirent leurs ornements sacerdotaux, s'entourèrent d'hommes d'armes et l'attendirent devant la porte de leur église; le cardinal archevêque arriva monté sur une mule et précédé de deux prêtres à cheval portant ses insignes de cardinal et la croix épiscopale. 11 s'avança seul vers le seuil de l'église. Alors les violences commencèrent. Les hommes armés se précipitèrent sur les gens de l'archevêque et saiisrent leurs chevaux par la bride ; voyant cela, Borromée sauta à bas de sa mule, prit en main la croix et se dirigea vers l'entrée de l'église. Il y eut mêlée, la croix épiscopale de l'archevêque fut jetée par terre ; les chanoines fermèrent violem-

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