A. Bertolotti, p
PONTIFICAT DE GREGOIRE XIII
il vint à Rome se justifier devant le pape mais, à peine arrivé, le Saint-Office l'avait fait jeter en prison ; son premier notaire, son auditeur, le vicegouverneur de l'île avaient été mandés. L'affaire sembla devoir prendre une tournure grave et Rome entière s'en émut pendant près d'une année, puis personne n'en parla plus^
Il est assez singulier qu'au moment où les Italiens commençaient à se décacher de la cause protestante, Rome et l'Italie étaient envahies de protestants étrangers; il devenait méritoire d'aller dans la métropole de la catholicité insulter au papisme.
Au commencement de l'année 1581, un Anglais cassa à coups de pierres une image vénérée de la Madone qui se trouvait dans l'église S. Maria de' Monti- et un Français pénétra dans l'église S. Maria del Popolo pendant qu'un moine augustin y célébrait la messe et, criant qu'il voulait supprimer l'idolâtrie, lui jeta un coussin si violemment à la tête qu'il en fut renversé; ils furent l'un et l'autre emprisonnés sur le moment^.
Une affaire bien plus grave suivit^. Le 23 juillet 1581, un Anglais, fabricant de clous, Richard Archinson (?), Archenzone, dit le texte italien, déguisé en pèlerin, s'approcha dans l'église Saint- Pierre d'un prêtre qui disait la messe, lui arracha
1. Cod. Vat. Urb., 1049 sans pag., à la date du 12 novembre 1580