‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 333 sur 470 · Cod. Vat. Urb., 1049, sans pag · texte numérisé non relu

Cod. Vat. Urb., 1049, sans pag

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le calice des mains et le jeta par terre; les assistants, d'abord anéantis de terreur, se précipitèrent sur lui, des suisses survinrent et s'emparèrent de lui; il faillit être massacré sur place. Amené au Saint-Office, il déclara qu'il était « calviniste puritain », qu'il faisait partie d'une association dé vingt-huit personnes dont trois l'avaient accompagné à Rome et s'apprêtaient à agir à son exemple, et qu'il ne souhaitait rien tant que le martyre. On raconta que ses compagnons portaient sur leur manteau la lettre H pour marquer qu'ils étaient hérétiques; peu après le bruit courut qu'ils avaient été capturés et allaient bientôt être exécutés. Pour Archinson, qui semble avoir été en réalité le seul inculpé et n'avoir eu que des complices imaginaires, quand on le fouilla, on trouva sur lui « une fourchette de bois décorée d'une lune ».

Son supplice eut lieu le 2 août (1581); le pape avait envoyé auprès de lui des jésuites parlant l'anglais car il n'entendait pas un mot d'italien, mais ce fut vainement qu'on tenta de le fléchir*; il fut placé tout nu sur un âne et conduit de la prison de la Corte Savella à la place Saint-Pierre au milieu d'une foule nombreuse et bruyante; les enfants criaient : a Au feu, au feu! ». Des bourreaux l'entouraient, le frappant avec des torches enflammées. Arrivé sur la place, on lui coupa d'abord la main droite, puis il fut placé sur

1. Rome, Archiv. df Stato, Reg. S. Giovanni Decollato, vol. 1578-81, p. 124.

PONTIFICAT DE GREGOIRE XIII

le bûcher. Le bourreau reçut 45 b., son aide 30 b. plus du vin.

Le 6 mai 1582, quatorze Anglais furent débarqués au quai de Ripa et conduits au palais du Saint-Office ; on y amena aussi un soldat en garnison au château Saint-Ange et qui était Anglaise

Le 10 mai 1582, Fabrizio Pallavicini fut enfermé dans les prisons du Saint -Office parce qu'on avait découvert qu'il était resté en relations avec un de ses frères, au service de la reine Elisabeth d'Angleterre"^.

Vers le même temps, on attendait à Rome deux hérétiques que la République de Gênes envoyait au pape qui les lui avait réclamés. L'un d'eux qui possédait, à ce qu'on disait, plus de 150 000 écus, en fut quitte, après avoir renoncé à ses erreurs, pour une amende de 6 000 écus qui fut remise aux œuvres pies de Gênes. Du sort de l'autre, on ne sait rien^.

Le 1" septembre 1582, arriva à Rome un personnage énigmatique; c'était un moine dominicain amené d'Allemagne et que l'on disait originaire de l'ile de Chios; il se faisait appeler Paléologue mais son véritable nom était, à ce qu'on croyait, Giacomo Massitana ou Marcellara^. D'un esprit cultivé et très fin, souple et habile dans la discussion, il avait de bonne heure adopté les

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