Cod. Vat. Urb., 1052, sans pag
ses opinions à Florence ; il était né le 25 février 1479 et sa réputation s'accrut à ce point qu'au cours de la peste de 1527 que Machiavel a décrite, la confrérie de S. Maria délia Misericordia lui demanda un manuel sur les précautions à prendre pour éviter la contagion. Néamnoins en 1431 il fut condamné à être brûlé vif pour avoir entretenu une correspondance avec Martin Luther' et« pensé hérétiquement » ; il s'était reconnu coupable mais sa condamnation fut adoucie à cause des services qu'il avait rendus; il dut résider à Pise et déposer une caution de 2000 écus. Six ans après, cette obligation même n'existait plus et il jouissait de toute sa liberté . Bonagrazia passait pour un ennemi des Médicis et sa condamnation ne fut pas causée uniquement par ses opinions religieuses^. Seize ans plus tard, l'écrivain Lodovico Domenichi aurait eu à son tour à subir les rigueurs de l'Eglise; il était venu à Florence pour présenter et dédier au duc sa traduction de Xénophon et recevoir un brevet de pension, mais l'Inquisition ayantappris qu'il avait également traduit et fait imprimer à Florence, contrairement aux lois, la Nicomediana de Calvin^, l'aurait condamné à faire une abjura-
1. La correspondance de Luther ne contient pas trace de ce commerce de lettres. •
2. L. Passerim, // primo proces.'io per la Riforma in Firenze dans Archiv. Stor. Ital.. Ser. IV, vol. 111, Florence, 1899, p. 337.
3. Johannis Galvini sacrarum lilterarum in Ecclesia Genevensi professoris Epistolie duae de rébus hoc scpculo cognitu apprime necessariis, Bâle, 1537. Théodore de Bèze nous apprend que ces deux lettres furent composées par Calvin au cours de son voyage à Ferrare (?). Elles sont dirigées contre ceux qu'il
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tion publique, son livre pendu au cou et à rester dix ans en prison. L'historien Giovio se serait entremis auprès du duc Cosme pour obtenir sa liberté (1547)^
D'ailleurs, les idées luthériennes étaient favorablement accueillies jusque dans l'entourage de Cosme; Pero Gelido, son représentant à Venise écrivait en 1544 au secrétaire de Cosme qu'il était en mesure de lui envoyer les œuvres de Mélanchton, Sarcerius, Spangenberger^ mais qu'il n'avait pu encore se procurer les Postille de Luther^, ce Le premier exemplaire qui arrivera, écrivait-il, sera pour vous. » Gelido ajoutait qu'il possédait les œuvres complètes de Mélanchton en cinq volumes (édition de Bâle de 1541) et en tenait deux collections à la disposition de qui voudrait les acheter. Gelido finit au reste par embrasser ouvertement le luthéranisme.
Mais l'Inquisition veillait. En décembre 1551 eut lieu un auto-da-fé à la façon espagnole, cérémonie presque unique en Italie. Une longue file de moines ouvrait le cortège, précédée d'un étendard sur lequel se détachait sur un fond noir le blason du Saint-Office qui était, comme on l'a
appelle plaisamment les pseudo-nicodèmes, c'est-à-dire les gens timorés qui, protestants au fond du cœur, restaient dans l'Eglise romaine par peur ou par ambition.