Une édition venait d'en paraître en
VU : une croix noueuse entre une épée et une branche d'olivier avec ces mots : Exurge Domine et judica causant tuam. Vingt-deux condamnés à mort, dont un gentilhomme qui avait été au service du duc, venaient ensuite ; ils portaient le sanbenito ; on les conduisit à la cathédrale pour y prononcer leur abjuration et y être bénits, puis les livres défendus trouvés en leur possession furent brûlés et ils subirent le dernier supplice^
En mars 1558, quantité de livres interdits furent détruits; les libraires chez qui la plupart avaient été saisis, élevèrent de vives réclamations; ils les avaient fait venir, disaient-ils, de bonne foi; si on ne les indemnisait pas ce serait la ruine pour eux ; le Saint-Siège reconnut la légitimité de leurs plaintes et promit d'envoyer des experts; le temps s'écoula, le pape mourut et il ne fut plus question d'indemnité^ Mais on gagnait gros, paraît-il, à vendre les ouvrages luthériens car la demande en était incessante, aussi les libraires s'en firent-ils envoyer d'autres. Le Saint-Office en fit quelque douze ans plus tard la pénible constatation. Dans le courant du mois d'octobre 1570, il informait le grand-duc Cosme^ que chaque jour on découvrait chez les particuliers des livres défendus et que les libraires en vendaient ouvertement, et il lui enjoignait, en conséquence, de
1. Rastelli, p. 128. Cf. Rivista contemporanea, Turin, 1860, vol. XXI, p. 409.