Il avait succédé le 9 janvier 1549 à Bartolorameo
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rence étrangère. En revanche un édit du 27 septembre 1549 remit en vigueur la loi de 1545 qui n'était guère appliquée; il y fut ajouté que, durant le carême, il ne serait plus abattu de viande de boucherie si ce n'est du veau, de la chèvre et du mouton, et que nul ne pourrait prendre à son service des moines ayant dépouillé le froc. Mais il semble que ces nouvelles prescriptions ne furent pas plus respectées que les anciennes. L'évêque, qui se faisait le défenseur du pouvoir civil, tant il redoutait l'ingérence des moines et de l'Inquisition, n'en blâmait pas moins vertement ses ouailles quand il les voyait abonder dans les tendances réformistes; il ne cessait de se plaindre que les témoignages les plus éclatants en faveur du luthéranisme restaient impunis; il y eut des récriminations réciproques si violentes qu'il fut amené sinon obligé à quitter la ville où il ne rentra qu'après avoir reconnu ses torts envers les pouvoirs municipaux. Néanmoins une démarche conciliatrice fut décidée à l'égard du Saint-Siège; Jacobo Arnolfîni fut expédié à Home pour assurer le Saint-Siège que les magistrats communaux se montreraient dorénavant plus diligents dans la répression des crimes contre la foi ; on continuait pourtant à user d'une extrême mansuétude envers les hérétiques ; il leur fut promis qu'ils seraient pardonnés s'ils avouaient leurs erreurs dans le délai de trois mois ; passé ce laps de temps, le Saint- Office sévirait contre eux. Paul IV chargea même Tévêque et non l'inquisiteur de recevoir leur
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rétractation (1555). De nouvelles ordonnances rendues à la demande du pape et de Pie IV, rappelèrent toutefois la loi de 1545 (27 octobre 1558, 19 décembre 1561, 2 janvier 1562). En 1568, ordre fut donné à ceux qui logeaient des hérétiques étrangers de les signaler. L'émigration commença; Pietro Pena qui édita dans la suite des œuvres hérétiques à Baie avec Mino Olsi de Sienne pour correcteur, le médecin Simone Simoni, Filippo Rustici qui traduisit la Bible, des familles entières, les Trenta, les Bulbani, les Calandrini, les Cattani, les Buonvisi, les Diodoti, les Genami, les Saladini, les Minutoli allèrent s'établir en Suisse \ Leurs biens furent confisqués, toutefois on leur avait accordé un délai pour les vendre; trois personnes furent emprisonnées, six brûlées à Rome mais en effigie.
Le Sénat lucquois ne fit pas difficulté d'appliquer les prescriptions du concile de Trente; les descendants des hérétiques furent exclus jusqu'à la seconde génération des fonctions publiques ; en récompense le pape Pie V chargea le prince Colonna de porter à la République la Rose d'Or. Au fond l'esprit restait le même; lorsqu'un inquisiteur venait à Lucques, le vide se faisait autour de lui, il ne trouvait pas de témoins, son action était paralysée et force lui était de se retirer. Les jésuites même échouèrent; ils tentèrent de se faire confier l'éducation des jeunes gens de qualité, le
4. CantÙ, Eretici, vol. II, p. 479 donne des détails sur ces familles.
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Sénat s'y opposa « pour ne pas exposer la République à un grave danger ^ ».