MoRONi, IHz., vol. LXVU, p
41B PROGRÈS ET ËXtINCtiÔN DE LA REFORME.
CONDAMNATIONS
Sous le pontificat de Sixte V, l'Eglise eut fort à faire contre un nouveau danger. La Réforme avait provoqué un réveil extraordinaire de mysticisme ainsi qu'une curiosité immodérée pour les sciences surnaturelles; les esprits les plus sains n'en étaient pas exempts; nécromants, sorciers et magiciens foisonnèrent et il s'en rencontrait assez souvent qui étaient des moines ou des prêtres^. L'Inquisition sévit avec vigueur contre bon nombre d'entre eux.
En 1577, le tribunal inquisitorial avait déjà condamné à la prison perpétuelle et à être battu de verges un Génois accusé de magie '^; en 1579 un moine nécromant qui prétendait découvrir des trésors, fut également enfermé pour la vie; il était prévenu cependant du sort qui l'attendait car on l'avait naguère brûlé en effigie^. D'autres condamnations eurent lieu. Le 2 août 1587, o'est-à-dire deux ans après l'avènement du pape Sixte V, les cardinaux Savelli, Madrucci, Santorio, Deza, grands inquisiteurs, prononcèrent dans l'église Délia Minerva
1. La sorcellerie avait pris un grand développement dans la région de Norcia où la croyance populaire plaçait le séjour de la fée Morgane.
Benvenuto Gellini rapporte longuement révocation d'une légion de diables que fit devant lui au Golisée un prêtre nécromant. Vila di B. Gellini, éd. O. Bacci, Florence, 1901, p. 126.