‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 355 sur 470 · Pie V l'avait nommé cardinal le 17 mai · texte numérisé non relu

Pie V l'avait nommé cardinal le 17 mai

ses ancêtres venaient, en effet, de la Dalmatie qu'ils avaient dû quitter au milieu du xv" siècle devant l'invasion turque. Son caractère, porté aux extrêmes, était en tout cas, sûrement celui de sa race; c'était un violent, prompt aux emportements, passant au cours d'une audience, de Textréme irritation à la bienveillance; inflexible seulement quand il s'agissait de l'application de la justice et de la gestion des finances publiques qu'il entendait restaurer.

On lui faisait parfois un mérite de ces changements d'humeur. c< Tantôt facile, dit Priuli, tantôt difficile, tantôt parcimonieux et tantôt large, il sait varier ses dispositions selon les temps et les personnes. »

Aussi fidèle à sa parole et aussi tenace dans ses opinions que Grégoire XIII l'était peu, aussi enclin à user du don de la parole qui avait tant facilité ses débuts que Grégoire XIII était réservé et laconique, on pourrait, comme s'y sont plu certains auteurs, mener très loin entre les deux un « antiparallèle ».

Telleétaitsa sobriétéquela dépense de sa table ne dépassait guère 6 giuli par jour, soit à peine un écu.

Sur un point toutefois Sixte V ressemblait fort à son prédécesseur, c'était dans son ardent désir d'éteindre l'hérésie surtout en Italie; il continua par passion ce que Grégoire XIII avait fait par politique. En même temps, il poursuivait comme lui la réforme du clergé. En février en 1588, il promulga la bulle fameuse « Immensa œterni »

constituant les quinze congrégations cardinalices entre lesquelles devaient être désormais réparties la connaissance et l'administration des affaires de l'Eglise. Celle que le pape place en premier est la congrégation du Saint-Office dont les fonctions sont déterminées dans le sens le plus large; la congrégation du concile de Trente était chargée d'interpréter les actes du concile en ce qui touchait à la réforme des mœurs et à la discipline ecclésiastique, aussi son action s'étendait- elle sur une infinité de questions; la congrégation de l'index n'était pas seulement destinée à reviser et à compléter la liste des ouvrages défendus, mais aussi à empêcher la propagation des doctrines condamnées; trois des congrégations avaient donc, pour mission, à des titres divers, de lutter contre l'hérésie. D'autre part, le pape publia, en de^x ans, soixante-douze bulles relatives à la discipline ecclésiastique et de nombreux règlements sur les congrégations de nonnes K II accorda quelques faveurs aux jésuites et les employa, moins il est vrai, en Italie que dans les pays lointains; cependant, appartenant à l'un des vieux ordres médiévaux, il éprouvait peu de sympathie, voire quelque appréhension à leur endroit. Un prédicateur jésuite l'accusa à Madrid d'être de connivence avec les protestants. Peut-être cette imputation se justifiait-elle par la conduite un peu hésitante du pape ëiiverà les princes protestants que ta^tôt' iï peiisa ramener, tantôt il voulut réduire. '■

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